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Des centaines de migrants clandestins sont arrivés sur l'île de Crète, en Grèce

27/11/2014 07:53 EST | Actualisé 27/01/2015 05:12 EST

IERAPETRA, Grèce - Quelque 600 migrants provenant principalement de Syrie sont arrivés jeudi sur l'île grecque de Crète, après que le navire cargo à bord duquel ils tentaient d'entrer illégalement en Europe eut été paralysé par une avarie.

Les moteurs du Baris sont tombés en panne en eaux internationales mardi, à une soixantaine de kilomètres des côtes de la Crète. Il a ensuite été remorqué par une frégate de la marine grecque, une opération qui a pris près de 40 heures.

Les autorités affirment qu'on retrouve parmi les passagers de nombreux réfugiés originaires de Syrie — dont un grand nombre de femmes et d'enfants — partis à la recherche de la sécurité et de la prospérité en Europe. Les passagers sont épuisés mais semblent en bonne santé.

La garde-côtière grecque a commencé par évacuer les femmes et les jeunes enfants. Un petit groupe a été conduit vers un abri temporaire installé à l'intérieur d'un stade de basketball.

Environ 500 des 585 migrants à bord seraient des Syriens. Un responsable a révélé qu'ils avaient déboursé entre 2000 $ US et 6000 $ US chacun pour être conduits en Italie. Une vingtaine de passeurs présumés ont été arrêtés.

Des dizaines de milliers de réfugiés, dont plusieurs provenant de Libye et de Syrie, entrent illégalement en Europe chaque année. Plusieurs versent des milliers de dollars à des passeurs pour traverser la Méditerranée, de l'Afrique du Nord vers la Turquie, l'Italie et la Grèce.

Des centaines de personnes perdent la vie annuellement en tentant cette dangereuse traversée à bord de rafiots. Plus de 150 000 migrants clandestins sont arrivées seulement cette année en Italie, dont la proximité avec la Libye en fait une destination de choix.

Les données du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) révèlent qu'au moins 3000 personnes se sont noyées ou sont disparues en essayant de traverser la Méditerranée cette année, soit près de 2 pour cent des 165 000 personnes qui ont risqué le périple.

Le «Baris» est tombé en panne le jour même où le pape François profitait d'un discours devant le Parlement européen et le Conseil de l'Europe pour demander aux gouvernements du continent d'en faire plus pour accueillir les migrants. Il a notamment lancé qu'on «ne peut pas laisser la Méditerranée devenir un vaste cimetière».

Un responsable grec de la santé publique a indiqué que des médecins avaient examiné les passagers et vacciné les enfants contre la polio, une maladie qui effectue un retour en Syrie. On retrouve aussi des Afghans et des Palestiniens à bord du navire.

Les migrants affirment qu'ils étaient en mer depuis au moins quatre jours.

Les passagers syriens recevront le statut de réfugié et seront libérés. Les autres qui se trouvent en Grèce illégalement seront détenus avant d'être déportés.

Une porte-parole du HCR à Athènes a expliqué que plus de 99 pour cent des Syriens qui rejoignent la Grèce reçoivent éventuellement le statut de réfugié, au terme d'un processus long et compliqué.

Le maire de la ville d'Ierapetra, où le navire est arrivé, a expliqué que sa petite municipalité de 16 000 habitants est tout simplement incapable d'héberger autant de réfugiés à long terme.

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