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Couillard se méfie des évidences qui placent PKP à la tête du PQ

27/11/2014 03:32 EST | Actualisé 27/01/2015 05:12 EST

DAKAR, Sénégal - Le premier ministre Philippe Couillard se méfie des «évidences» comme celles qui placent le député et homme d'affaires péquiste Pierre Karl Péladeau à la direction du Parti québécois.

M. Couillard a estimé jeudi que plusieurs choses peuvent changer d'ici l'élection du prochain chef péquiste prévue en mai.

Selon le premier ministre, la partie n'est pas jouée, même si un récent sondage laissait entrevoir que le PQ serait en position de battre les libéraux et de prendre le pouvoir avec M. Péladeau comme chef.

Aux journalistes qui suivent son déplacement au Sénégal, à l'occasion du Sommet de la Francophonie, M. Couillard a souligné que la campagne péquiste durera six mois.

«J'ai appris à me méfier de l'évidence, a-t-il dit. Cinq ou six mois en politique, c'est long. Les candidats sont là, il y en a plusieurs. Il va y avoir des débats avec leurs militants. Mais encore une fois je n'ai pas l'intention d'intervenir.»

Un sondage Léger publié il y a dix jours crédite M. Péladeau de 36 pour cent des intentions de vote, dans l'éventualité où, à titre de chef du PQ, il se mesurait à M. Couillard.

Selon l'enquête, le premier ministre libéral reçoit, dans cette éventualité, l'appui de 30 pour cent des 981 répondants, qui ont été sondés entre le 10 et le 13 novembre.

Les libéraux ont soulevé plusieurs questions sur les risques de conflits d'intérêts que pose la situation de M. Péladeau, qui est actionnaire de contrôle du conglomérat Québecor.

Après une rencontre avec le premier ministre du Sénégal, Mahammad Dionne, en prévision du sommet qui se tiendra durant la fin de semaine, M. Couillard a affirmé que ces préoccupations seront plus présentes si M. Péladeau est élu chef.

M. Couillard a rappelé que les libéraux négocient actuellement avec les péquistes, les caquistes et Québec solidaire pour trouver la façon d'examiner ces questions, soit par une commission parlementaire ou une autre instance.

«Si un jour il devient chef, on l'a dit déjà, il y a un enjeu à résoudre, a-t-il dit. Les conversations sont en cours entre les partis politiques pour voir quelle est la meilleure formule pour discuter de cette question de façon correcte. Et je veux qu'elle soit discutée de façon correcte. Pendant ce temps-là, de toute façon, la course à la direction va se faire.»

M. Couillard a affirmé qu'il attendra la fin de la campagne et le choix du nouveau chef avant d'intervenir.

«Je ne me placerai pas dans une situation où je commenterais tous les jours ce que un ou l'autre candidat a dit, a-t-il dit. Qu'ils fassent leur campagne, nous on prend des notes, on écoute et quand le chef ou la chef sera désigné, on aura différentes façons d'interagir.»

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