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Un vaccin américain pourrait immuniser contre le virus Ebola, selon une étude

26/11/2014 08:23 EST | Actualisé 26/01/2015 05:12 EST

TORONTO - L'injection d'un vaccin américain pourrait immuniser contre le virus Ebola, selon les premiers résultats de tests sur des humains. Les tests laissent toutefois croire qu'une quantité importante du vaccin serait nécessaire pour qu'il s'avère efficace en ne recevant qu'une seule dose.

Les patients qui ont reçu une concentration plus élevée du vaccin ont développé une réaction immunitaire similaire à des primates qui ont survécu à des injections létales du virus Ebola. Quelques-uns d'entre eux ont ressenti des effets secondaires faibles ou modérés.

Le vaccin avait été conçu par des scientifiques des Instituts américains de la santé et il est exploité par le géant pharmaceutique GSK, connu auparavant sous le nom GlaxoSmithKline. L'étude américaine a été publiée en ligne, sur le site du New England Journal of Medicine.

Le directeur des Instituts, le docteur Anthony Fauci a reconnu dans une entrevue que le vaccin nécessiterait une dose importante, tout en ajoutant qu'il ne s'agirait pas d'un obstacle majeur pour les chercheurs.

Cela pourrait signifier que des quantités considérables du vaccin devraient être utilisés pour vérifier s'il est vraiment efficace et pour fournir les doses en Afrique de l'Ouest si nécessaire.

«Ils devront en produire un peu plus, mais c'est comme cela que ça fonctionne», a simplement répondu le docteur Fauci.

Il a ajouté que d'autres tests étaient effectués avec des doses plus petites du vaccin pour déterminer s'il serait possible de les diminuer, tout gardant l'efficacité.

GSK s'est aussi réjoui des résultats dévoilés mercredi.

«Ces essais cliniques sont très encourageants. Ils démontrent que le vaccin est sécuritaire et qu'il peut amener une réponse immunitaire contre l'Ebola chez les humains», a indiqué un dirigeant de la compagnie, le docteur Moncef Slaoui, dans un communiqué.

D'autres s'inquiètent des doses importantes nécessaires du vaccin pour garantir son efficacité et des effets secondaires qu'il a entraînés.

Le directeur du Centre de recherche et des politiques sur les maladies infectieuses de l'Université du Minnesota, Michael Osterholm, se demande si GSK pourra fournir assez de doses pour arriver à contenir l'épidémie.

«C'est une question centrale», a-t-il constaté.

Un autre vaccin conçu au Canada, le rVSV-EBOV, fait l'objet de tests avec des doses beaucoup plus modestes. Les résultats des études ne sont pas encore connus.

Il est censé amener une réponse de l'organisme immunitaire beaucoup plus forte avec une quantité moindre du vaccin. Il suscite toutefois des inquiétudes quant à ses effets secondaires, dont des maux de tête, des frissons et de la fièvre.

Ces conséquences sur la santé sont peu sévères, mais elles sont problématiques, puisqu'il s'agit des mêmes symptômes que l'Ebola, ce qui peut compliquer le travail des professionnels de la santé.

Merck, une autre compagnie importante dans l'industrie pharmaceutique, a acheté cette semaine les droits sur le vaccin canadien.

L'épidémie d'Ebola a causé la mort de 5689 personnes jusqu'à maintenant, selon l'Organisation mondiale de la santé.

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