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Tragédie de l'Isle-Verte: «C'était le free for all», raconte un témoin (VIDÉO)

26/11/2014 12:26 EST | Actualisé 26/11/2014 12:26 EST

Un citoyen a tenté un sauvetage à L'Isle-Verte avant l'arrivée des pompiers, le soir de l'incendie qui a causé la mort de 32 personnes âgées, dans la nuit du 23 janvier dernier. Pascal Paquin, qui est arrivé sur les lieux vers minuit et quart, a raconté ce qu'il a vu avec beaucoup de difficultés et d'émotions, mercredi matin, au coroner Cyrille Delâge.

Les événements se sont déroulés très rapidement, a expliqué M. Paquin. Ce résident de Saint-Jean-sur-Richelieu roulait sur la route 132 vers la Gaspésie lorsqu'il a vu de la fumée qui émanait d'un édifice. Il a fait demi-tour et s'est immobilisé dans le stationnement de la résidence du Havre. Il a poussé la porte principale de la résidence et s'est retrouvé dans le portique, où il s'est heurté à une deuxième porte, celle-là verrouillée.

M. Paquin dit qu'il entendait à ce moment le signal d'alarme. Or, normalement, lorsque l'alarme est déclenchée, les portes sont censées se déverrouiller automatiquement.

L'homme est ensuite retourné à sa voiture, a saisi une échelle et a tenté deux sauvetages, à un balcon, mais il n'a pas réussi à atteindre les personnes coincées à l'intérieur, parce que son échelle était trop courte. Finalement, des secours sont arrivés.

« C'était le free for all. Le premier pompier que j'ai vu n'avait aucun masque à oxygène. Moi, j'ai failli suffoquer. »

— Pascal Paquin, témoin de la tragédie de L'Isle-Verte

« Il n'y a pas un [seul] pompier qui a fait le tour du bâtiment pour voir s'il y avait quelqu'un en détresse », a aussi déclaré M. Paquin.

Par ailleurs, la confusion règne à propos du lieu où le feu a pris forme le soir de la tragédie. Jusqu'ici, la théorie avancée était que le feu s'était déclaré dans les cuisines de la résidence. Toutefois, une autre témoin entendue aujourd'hui, Audrey Dumont, a présenté des photos qu'elle a prises le soir de la tragédie qui semblent montrer que le feu a pris naissance dans une chambre.

Le coroner Cyrille Delâge entend pour la première fois des survivants de la tragédie, à Rivière-du-Loup, en cette sixième journée d'enquête publique. Il doit en outre écouter au cours de la journée le témoignage d'Arnaud Côté, qui habitait la partie la plus récente de la Résidence du Havre. M. Côté a réveillé trois de ses voisines, la nuit du 23 janvier 2014, pour les mener à l'extérieur.

Il entendra aussi celui de Conrad Morin, l'un des rares survivants de la phase 1 de la résidence, soit celle qui a été entièrement rasée par les flammes lors de la tragédie. Peu de personnes peuvent témoigner de ce qui s'est passé dans la partie la plus ancienne du bâtiment, puisque même les policiers et les pompiers n'ont pu y pénétrer le soir de l'incendie.

Audiences publiques prolongées

Une douzaine de témoins supplémentaires doivent encore être interrogés, dont les copropriétaires de la Résidence du Havre, Roch Bernier et Irène Plante, ainsi que le gardien de nuit, Bruno Bélanger.

D'autres journées d'audiences s'ajouteront à l'enquête publique, mais on ignore encore à quel moment elles se tiendront.

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