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Protestations au Québec contre le projet de loi 3 sur les régimes de retraite

26/11/2014 06:44 EST | Actualisé 26/01/2015 05:12 EST

MONTRÉAL - Le «Grand Dérangement» promis par la Coalition syndicale pour la libre négociation, un mouvement de grèves locales de 24 heures et de manifestations, s'est fait sentir partout à travers le Québec mercredi.

Les actions syndicales visaient à dénoncer le projet de loi 3 sur la réforme des régimes de retraite des employés municipaux.

À Montréal, avant l'aube, des pompiers ont bloqué les principaux accès du Port de Montréal, provoquant une longue attente de camionneurs qui sont finalement rentrés chez eux lorsque les débardeurs ont tout simplement refusé de leur donner accès.

Des syndiqués ont aussi manifesté dans des stations du métro à Montréal et à Laval. D'autres se sont rassemblés devant l'hôtel de ville de Montréal, alors que le maire, Denis Coderre, présentait le budget 2015 de la Ville.

Une manifestation de policiers de Montréal en congé a aussi éclaté devant les locaux de la Fraternité des policiers de Montréal. Le président de la Fraternité, Yves Francoeur, a cependant assuré que ses membres effectuaient leur travail normalement, tout en laissant entendre que leur ardeur au travail risquait d'être affectée par les événements.

«Ils pensent qu'après l'adoption de la loi, le 4 décembre, tout va être correct. Nous, on va-tu (sic) être motivés? On va-tu être intéressés à travailler? On va-tu être intéressés à donner du temps pour ce service de police-là et pour cette administration-là? Non!», a lancé M. Francoeur sous les applaudissements de ses troupes devant l'hôtel de ville.

Des manifestants se sont également imposés afin de permettre à des usagers d'utiliser gratuitement les transports en commun et on a noté des ralentissements de circulation sur certaines voies rapide par des camions circulant à la vitesse minimale permise.

À Québec, le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, a condamné les actes de vandalisme commis à son bureau de circonscription de Châteauguay, où une vitrine a été fracassée avec un pavé, des gestes «irresponsables» selon lui qui témoignent des tactiques éculées des années 1960.

Pendant ce temps, dans la Vieille Capitale, des manifestants ont perturbé l'entrée au chantier de l'amphithéâtre avant de se rendre à l'hôtel de ville où l'Horloge du Jura, donnée en cadeau à la ville de Québec lors de son 400e anniversaire, a été recouverte d'autocollants.

D'importants retards ont été enregistrés sur certaines lignes de la Société de transport de la Capitale, après que des manifestants eurent retardé la sortie des autobus. Par ailleurs, là aussi des camions ont ralenti la circulation sur certaines voies rapide.

Sur la rive-sud de Québec, à Lévis, des manifestants sont allés se faire bruyamment entendre tôt le matin devant la résidence du maire Gilles Lehouiller et celles de deux conseillers municipaux.

À Sherbrooke, les manifestants ont ciblé les bureaux d'Hydro-Sherbrooke, perturbant l'entrée de plusieurs employés le matin puis, sur l'heure du midi, ce fut au tour de l'hôtel de ville d'être visitée. Plusieurs autobus de la Société de transport de Sherbrooke ainsi que des autopatrouilles ont été décorés de diverses affiches.

À Gatineau, une série de manifestations ont successivement visé les ateliers municipaux, les bureaux de circonscription des députés de Hull, Maryse Gaudreault, et de Chapleau, Marc Carrière, puis un édifice gouvernemental.

À Trois-Rivières, les manifestants ont ciblé le bureau de circonscription du député-ministre Jean-Denis Girard et les usagers du transport en commun ont aussi eu leur part de dérangement, alors que la sortie des autobus de la Société de transport de Trois-Rivières a été perturbée.

Pendant ce temps, plus au nord, l'hôtel de ville de Shawinigan recevait la visite de syndiqués de nombreuses municipalités environnantes.

L'Union des municipalités n'a pas été épargnée non plus: sa présidente et mairesse de Sainte-Julie, Suzanne Roy, a servi de centre d'attraction aux policiers de toute la province, dont les syndicats avaient délégué des représentants à l'hôtel de ville de la municipalité montérégienne.

Le porte-parole de la Coalition, Marc Ranger, a affirmé que tous les moyens de contestation du projet de loi 3 seront employés par la Coalition, y compris la voie juridique, jusqu'en Cour suprême du Canada s'il le faut, et il a justifié les gestes posés ce mercredi.

«On appelle ça un Grand Dérangement parce que ce n'est pas un salon de thé. À un moment donné, il faut que ça dérange un peu parce qu'on est en train de se faire voler nos droits, voler nos conditions de travail. Donc, il faut réagir», a-t-il dit.

M. Ranger a reconnu qu'il pourrait difficilement s'attirer la sympathie du public avec ce genre de tactiques, mais il a dit croire que ses membres n'avaient que peu d'options.

«On est conscients que c'est une ligne mince par rapport à l'opinion publique. En même temps, je comprends que la droite et le gouvernement aimeraient qu'on s'assoie à terre, qu'on braille et qu'on attende qu'ils nous passent sur le corps. Ça n'arrivera pas», a-t-il lancé.

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