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Missouri: des manifestants prennent d'assaut l'hôtel de ville de Saint-Louis

26/11/2014 07:45 EST | Actualisé 26/01/2015 05:12 EST

FERGUSON, États-Unis - Plusieurs personnes protestant contre la décision du grand jury à Ferguson ont pris d'assaut l'hôtel de ville de Saint-Louis, mercredi, amenant la police à boucler l'édifice et à faire appel à plus d'une centaine de policiers additionnels.

Au moins deux personnes ont été arrêtées après l'incident, au cours duquel les manifestants ont crié «honte, honte» tout en investissant l'édifice.

Les gens qui se sont frayés un chemin à l'intérieur de l'hôtel de ville faisaient partie d'un groupe d'environ 300 manifestants ayant marché et tenu un procès simulé pour Darren Wilson, le policier de Ferguson ayant atteint mortellement par balle Michael Brown, un Noir de 18 ans, durant un affrontement le 9 août dans cette banlieue de Saint-Louis, au Missouri.

Des renforts de la Garde nationale ont contribué à réduire les débordements à la suite de la première nuit de manifestations après la décision du grand jury, au cours de laquelle au moins douze édifices commerciaux ont été incendiés. La police a procédé à 58 arrestations, soit 45 à Ferguson et 13 à Saint-Louis.

Les manifestants ont de nouveau marché dans les rues, mardi soir, mais il y avait des centaines d'agents supplémentaires patrouillant les quartiers et les rues commerçantes. Des policiers ont de nouveau utilisé des gaz lacrymogènes et du gaz poivré, et des manifestants ont mis le feu à une voiture de la police et brisé des vitres de l'hôtel de ville.

Depuis l'annonce de la décision du grand jury, lundi soir, de ne pas déposer d'accusations contre le policier Wilson, des manifestants dans plusieurs villes à travers les États-Unis se sont ralliés au slogan «Les mains levées, ne tirez pas» et ont attiré l'attention sur d'autres fusillades impliquant la police.

Alors que la tension s'amenuisait quelque peu à Ferguson, Darren Wilson a brisé son silence, faisant valoir sur la chaîne ABC qu'il n'aurait pas pu agir autrement le soir du 9 août. M. Wilson a déclaré que sa conscience était en paix, se disant persuadé d'avoir «bien fait» son travail.

L'homme de 28 ans travaillait pour la police de Ferguson depuis moins de trois ans lors de l'incident qui a tué Michael Brown. Il a affirmé à ABC que c'était la première fois qu'il avait utilisé son arme dans le cadre de ses fonctions. Il a ensuite ajouté que la confrontation se serait déroulée de la même manière si M. Brown avait été un Blanc.

Les débordements de lundi ont poussé le gouverneur du Missouri, Jay Nixon, à déployer un important contingent de forces additionnelles de la Garde nationale.

Le gouverneur a ordonné que le contingent initial de 700 membres soit augmenté à 2200 dans l'espoir que leur présence puisse aider la police locale à maintenir l'ordre à Ferguson.

Mardi soir, les unités de la Garde nationale ont protégé la police de Ferguson et laissé aux policiers locaux le soin de contrôler la foule, de procéder à des arrestations et d'user de gaz lacrymogènes. Dans un secteur commercial de la ville, mercredi, on voyait de nombreux soldats dans les rues et d'autres s'étaient positionnés sur les toits.

«La vie et la propriété doivent être protégées, a dit M. Nixon. Cette communauté a le droit de vivre en paix.»

Cinquante-huit personnes ont été arrêtées au total, principalement pour avoir refusé d'obéir aux policiers qui leur demandaient de circuler. Une femme a été arrêtée devant le quartier général de la police après que des manifestants eurent lancé ce qui semblait être des bombes fumigènes, des bouteilles d'eau gelées, des bouteilles remplies d'urine, des pierres, des bâtons et des fusées routières aux policiers.

Plusieurs autres manifestants ont été arrêtés après avoir refusé de dégager la rue pour permettre aux véhicules policiers de circuler.

Treize autres personnes ont aussi été arrêtées lors d'une manifestation à Saint-Louis, dont un manifestant qui aurait agressé un policier.

En début de journée mercredi, même si les foules se faisaient plus minces, des manifestants ont lancé des pierres dans la vitrine d'un garage et d'un concessionnaire de véhicules de seconde main.

Certaines rues qui avaient été envahies la veille étaient désertes, à l'exception de la présence des policiers ou des soldats. Certains militaires semblaient surveiller des terrains de stationnement vides.

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