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Magnotta était en contact avec la réalité lors du meurtre, dit un psychiatre

26/11/2014 03:12 EST | Actualisé 26/01/2015 05:12 EST

MONTRÉAL - Au procès pour meurtre de Luka Rocco Magnotta, mercredi, le psychiatre Gilles Chamberland a dit croire que la partie saine de la personnalité de Magnotta était bel et bien en contact avec la réalité et qu'il était donc apte à juger de la nature des actes qu'il a posés lorsqu'il a tué Jun Lin en mai 2012.

L'expert psychiatre appelé par la Couronne n'a pu évaluer lui-même Magnotta, puisque celui-ci a refusé de le rencontrer. Pour étayer son expertise, il a donc dû s'appuyer sur les autres rapports d'experts préparés pour la défense. Et, selon lui, il y a suffisamment d'informations pertinentes dans ces rapports pour conclure que l'accusé savait ce qu'il faisait et était alors sain d'esprit.

Les rapports présentés en défense estiment que Magnotta était en psychose et ne pouvait distinguer le bien du mal lorsqu'il a assassiné et démembré l'étudiant chinois Jun Lin.

L'accusé a admis avoir tué l'étudiant en génie, mais a plaidé non coupable pour cause de troubles mentaux.

Magnotta a livré des versions différentes aux deux psychiatres qu'il a accepté de rencontrer quant aux événements entourant la mort de Jun Lin.

«Il nous semble encore très possible que la partie saine (de l'accusé), qui aurait alors été en contact avec la réalité au moment des gestes posés, était amplement suffisante pour lui permettre de juger de la nature et de la qualité des actes qu'il posait et de savoir que ces actes étaient mauvais», a exposé M. Chamberland dans son rapport de neuf pages.

Le psychiatre a aussi affirmé qu'une personne avec des troubles mentaux ne correspondait pas nécessairement aux critères pour une telle défense inscrite à la section 16 du Code criminel.

Il a aussi remis en question l'avis selon lequel Magnotta souffrait de schizophrénie.

«Pour moi, il n'y a rien de concluant», a témoigné M. Chamberland, ajoutant qu'un tel diagnostic nécessitait un suivi sur une longue période. Il a dit croire que plusieurs des hospitalisations précédentes de Magnotta pour psychoses avaient été causées par la consommation de drogues — nommément la cocaïne.

«Je ne dis pas que (Magnotta) ne souffrait pas, mais il a aussi dit qu'il consommait de la cocaïne à ce moment, ce qui pourrait très bien expliquer ses symptômes», a expliqué M. Chamberland.

Magnotta lui-même avait dit à un psychiatre montréalais consulté en avril 2012 que plusieurs de ses hospitalisations précédentes étaient liées à des épisodes déclenchés par la consommation de cocaïne. Ce psychiatre avait aussi rejeté le diagnostic de schizophrénie ou de bipolarité.

M. Chamberland a affirmé que l'un des dossiers médicaux faisait même mention des inquiétudes de la famille immédiate de Magnotta quant à la possibilité que celui-ci puisse présenter les mêmes symptômes que son père, qui souffre de schizophrénie et vit à l'écart du reste de la famille.

M. Chamberland doit revenir à la barre jeudi.

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