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Le pire de l'épidémie d'Ebola serait passé en Sierra Leone

26/11/2014 08:29 EST | Actualisé 26/01/2015 05:12 EST

FREETOWN, Sierra Leone - L'épidémie de virus Ebola pourrait avoir atteint son sommet en Sierra Leone, a déclaré mercredi le ministre de l'Information du pays, même si les nouvelles infections s'y multiplient et qu'on y a détecté près d'une centaine de nouveaux cas pendant la seule journée de mardi.

Le ministre Alpha Kanu a lancé aux journalistes, lors d'une conférence de presse en ligne, que l'ouverture imminente de deux centres de traitement britanniques pourrait marquer un point tournant.

«Nous pensons que la transmission de nouveaux cas va commencer à ralentir, maintenant que ces deux centres sont prêts, a-t-il dit. Je ne pense pas qu'on puisse aller plus haut que le niveau actuel — nous avons atteint le sommet de la courbe et nous verrons un fléchissement très bientôt, une fois que nous aurons des endroits où conduire les victimes.»

Près d'un millier de soldats, scientifiques et travailleurs humanitaires britanniques se trouvent actuellement en Sierra Leone pour lutter contre l'Ebola. Les deux nouveaux centres de traitement porteront à six le nombre total de centres du genre en Sierra Leone.

On retrouve en Sierra Leone environ 6000 des 15 000 infections rapportées en Afrique. On y recense aussi 1200 décès, mais le nombre de cas augmente rapidement en comparaison avec la Guinée et le Libéria.

La Sierra Leone a confirmé mardi 83 nouvelles infections en une seule journée, dont 31 dans la capitale, Freetown.

La semaine dernière, un rapport de l'Organisation mondiale de la Santé pointait le pays du doigt pour n'avoir placé en quarantaine que 13 pour cent des personnes infectées, comparativement à 72 pour cent en Guinée. M. Kanu a admis qu'il s'agit-là d'un problème que l'ouverture des nouveaux centres aidera à corriger.

Au Libéria, le déclin du nombre d'infections devrait permettre la tenu des élections sénatoriales le mois prochain.

Le scrutin qui aurait dû se dérouler le 16 octobre avait été reporté à plus tard, puisque des centaines de nouveaux cas étaient décelés chaque semaine à ce moment.

On recense maintenant moins de 100 nouvelles infections par semaine, et les responsables ont annoncé que les élections auront lieu le 16 décembre.

Les autorités ont quand même demandé à la population de faire preuve de prudence lors de rassemblements politiques.

«On m'avait dit que seulement 50 personnes se présenteraient mais j'en vois 4000 ou 5000, et ça m'inspire», a dit Robert Sirleaf, le fils de la présidente Ellen Johnson Sirleaf, qui dispute un siège de sénateur au légendaire footballeur George Weah.

Des responsables ont prévenu que la partie n'est pas gagnée au Libéria et que le nombre d'infections pourrait recommencer à augmenter. Les bureaux de scrutin devraient permettre aux électeurs de se rincer les mains avec une solution d'eau et de chlore. Chaque électeur devrait aussi recevoir un nouveau crayon pour remplir son bulletin.

L'Australie a annoncé mercredi qu'elle recommencera à émettre des visas aux visiteurs provenant du Congo, maintenant que le virus Ebola y a été éradiqué. Les visiteurs provenant des pays encore touchés par l'épidémie demeurent interdits en Australie.

L'annonce de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) débloquera quelque 200 demandes de visas qui avaient été suspendues depuis le mois dernier, a dit le ministre australien de l'Immigration, Scott Morrison.

L'éclosion d'Ebola au Congo était distincte de l'épidémie qui a maintenant fait plus de 5000 morts à travers l'Afrique de l'Ouest.

Enfin, une éclosion de fièvre de Lassa a fait au moins neuf morts au Bénin. La fièvre de Lassa est une maladie virale courante en Afrique de l'Ouest, et ses symptômes ressemblent à ceux de l'Ebola. Un représentant de l'OMS au Bénin a indiqué que les résultats des tests seront contre-vérifiés pour s'assurer qu'il s'agit bien de la fièvre de Lassa et non pas de l'Ebola.

Les décès se sont produits à Tanguieta, à 600 kilomètres au nord de la capitale du Bénin. On recense une quinzaine de cas au total, mais l'OMS dit croire que l'éclosion sera rapidement circonscrite.

La fièvre de Lassa touche entre 100 000 et 300 000 personnes chaque année en Afrique de l'Ouest, faisant quelque 5000 morts. Le virus, qui appartient à la même famille que celui de l'Ebola, est transmis par l'urine et les excréments de rongeurs infectés. Il peut aussi se propager, plus rarement, d'une personne à une autre par le biais de liquides corporels contaminés.

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