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Le fardeau de la croissance économique doit s'éloigner des ménages, dit le FMI

26/11/2014 12:18 EST | Actualisé 26/01/2015 05:12 EST

OTTAWA - Le Fonds monétaire international a lancé un avertissement mercredi au Canada au sujet de son marché de l'habitation et de la dette croissante de ses ménages, deux éléments qui représentent, selon lui, des risques intérieurs pour la croissance économique du pays.

Mais dans son plus récent bulletin sur le Canada, publié mercredi, le FMI prédit que le marché de l'habitation connaîtra un atterrissage en douceur et que la performance économique du pays sera relativement stable dans le contexte mondial, grâce aux améliorations du secteur des exportations et à la meilleure croissance aux États-Unis.

Un responsable du FMI a estimé mercredi que le marché canadien de l'habitation était surévalué d'environ 10 pour cent à l'échelle nationale et que, dans certaines régions, cette surévaluation pouvait atteindre jusqu'à 20 pour cent.

«Alors, pour nous, cela reste une inquiétude», a affirmé Hamid Faruqee lors d'une conférence de presse à Ottawa.

Selon lui, le Canada pourrait risquer de connaître une importante correction si les taux d'intérêt se mettaient à grimper trop rapidement et que le marché de l'emploi connaissait des revers.

Le rapport du FMI juge que les mesures introduites par le gouvernement depuis 2008 ont été «largement efficaces» pour jongler avec les risques de stabilité du marché de l'habitation, aidant à limiter la croissance du crédit hypothécaire garanti et augmentant les normes du crédit alors que les prix grimpaient.

L'organisation prévoit aussi une croissance «supérieure au potentiel» pour le produit intérieur brut en 2015. Cette croissance devrait s'établir entre 2,25 et 2,5 pour cent, mais M. Faruqee a noté que la glissade du cours du pétrole ces dernières semaines n'avait pas été intégrée aux calculs du FMI.

«Avec des prix du pétrole environ 20 pour cent plus faibles qu'il ne l'étaient en octobre, nous allons probablement diminuer un peu ce chiffre», a expliqué M. Faruqee, avant d'ajouter que les provinces avec d'importants secteurs manufacturiers allaient probablement profiter du plus faible cours du pétrole.

«En bout de ligne, nous croyons que les plus faibles cours du pétrole auront un impact légèrement négatif sur la croissance.»

Le FMI ajouté que le transfert du fardeau de la croissance économique des ménages aux entreprises était lent parce que ces dernières hésitent toujours à investir dans leurs activités.

Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, avait fait une déclaration semblable le mois dernier, lors de la publication du Rapport sur la politique monétaire de la banque centrale.

Le gouvernement fédéral, ajoute le FMI, reste toujours sur la bonne voie pour afficher un budget équilibré l'an prochain. L'organisation a même offert certains conseils sur d'éventuelles réductions d'impôts, et certaines dépenses, qui pourraient, selon elle, profiter à l'économie canadienne.

«En ce qui a trait à l'utilisation des ressources fiscales disponibles, nous pourrions considérer comme envisageable, par exemple, une réduction du taux d'imposition sur le revenu personnel au niveau fédéral», a affirmé M. Faruqee, ajoutant qu'Ottawa devrait regarder du côté des dépenses en recherche et en développement et d'autres investissements.

«Il existe certains secteurs où le gouvernement pourrait aussi, en quelque sorte, appuyer la croissance de la productivité de l'économie, qui accuse un certain retard au Canada.»

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