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La gauche mexicaine désemparée après la démission de son chef Cardenas

26/11/2014 06:27 EST | Actualisé 26/01/2015 05:12 EST

MEXICO - La gauche mexicaine se retrouve désemparée après la démission de son candidat à la présidence Cuauhtemoc Cardenas, perçu comme un pilier du mouvement progressiste au pays.

M. Cardenas, qui est le fils d'un ancien président très populaire pour avoir nationalisé l'industrie pétrolière, avait fondé en 1989 le Parti de la révolution démocratique (PRD). Il a annoncé mercredi qu'il quittait son parti et la politique partisane en général.

«Avec cela, mon implication dans un parti politique se termine. Je ne me présenterai pas pour un autre parti politique», a-t-il déclaré à Radio Formula. Il a toutefois assuré qu'il continuerait de militer contre les récentes réformes gouvernementales de privatisation partielle du secteur pétrolier.

Le politicien avait joué un rôle important dans la création du PRD, né d'une coalition formée pour défaire le parti au pouvoir lors de l'élection présidentielle de 1988. Son adversaire du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), un parti qui régnait alors sur le Mexique depuis 60 ans, avait finalement remporté le scrutin, malgré les allégations de fraude des partisans de M. Cardenas.

Il avait été facilement désigné chef du PRD contre un autre ancien candidat à la présidence, Andrés Manuel Lopez Obrador, qui a finalement fondé un autre parti de gauche.

«D'une part, (le départ de Cardenas) est un gros coup pour le parti, mais d'autre part, ça lui laisse une liberté», a analysé le directeur du Centre sur le Mexique à l'Institut Backer sur les politiques publiques de l'université Rice, Tony Payan.

Selon lui, cette démission pourrait donner l'occasion au parti de se renouveler et de devenir une gauche plus «moderne». M. Cardenas est inévitablement lié à son père, l'ancien président Lazaro Cardenas, et à de vieilles politiques nationalistes dans lesquelles l'État joue un grand rôle. Des idées qui ont inspiré plusieurs générations auparavant, mais qui semblent désormais désuètes, selon lui.

«Cela lui donne une réputation de conservateur, qui défend le statu quo du passé. Ça ne peut pas durer, où que l'on soit dans le monde», a expliqué M. Payan.

Le PRD a récemment attisé la colère de M. Cardenas et d'autres membres du parti pour s'être montré trop ouvert à collaborer avec le président Enrique Peña Nieto sur certaines réformes, sauf la privatisation de l'industrie pétrolière.

Le PRD s'est retrouvé encore davantage dans l'embarras pour permis avoir à José Luis Arbaca de se présenter sous la bannière du parti à la mairie d'Iguala, dans l'État de Guerrero.

M. Arbaca est lié à un groupe criminel impliqué dans le trafic de drogues. Il a été arrêté au début du mois de novembre pour son implication présumée dans l'enlèvement de 43 étudiants.

Le président du parti, Carlos Navarrete, s'était excusé, mais le mal était fait. Certains accusent maintenant le PRD de s'être déconnecté de sa base électorale traditionnelle, soit les fermiers et les citadins moins nantis.

«Ils doivent retrouver leur boussole, c'est pour cela qu'ils sont si perdus», a estimé Tony Payan.

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