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Harcèlement: des ressources sont «déjà en place», dit le président des Communes

26/11/2014 02:21 EST | Actualisé 26/01/2015 05:12 EST

OTTAWA - Des ressources sont «déjà en place» pour aider les députés impliqués dans les affaires de harcèlement à trouver une résolution, a assuré le président de la Chambre des communes, Andrew Scheer.

Les whips des partis ont «la responsabilité d'informer les députés concernés de l'existence de ces ressources et de s'assurer qu'ils y aient recours s'ils veulent régler cette affaire», a précisé M. Scheer en fin de journée, mercredi.

Ces «ressources» incluent «l'accès à des experts indépendants comme de la médiation», a signalé le bureau du président des Communes.

M. Scheer avait été interpellé lundi soir par la whip du Nouveau Parti démocratique (NPD), Nycole Turmel, qui lui avait demandé dans une lettre de clarifier les balises d'un éventuel processus qui se pencherait sur le cas d'une députée prête à y prendre part.

La députée en question est sortie de son mutisme en accordant une série d'entrevues sous le couvert de l'anonymat, mardi. Elle a soutenu avoir eu une relation sexuelle «sans consentement explicite» avec le député libéral montréalais Massimo Pacetti. L'élue néo-démocrate s'était dite ouverte à l'idée de prendre part à une enquête de la Chambre des communes, à condition qu'elle soit confidentielle et indépendante.

L'autre députée du NPD qui a formulé des allégations de harcèlement — celles-ci, contre le député libéral terre-neuvien Scott Andrews — n'est toujours pas intéressée, «à ce point-ci», à porter plainte ou à participer à une éventuelle enquête indépendante, a signalé Mme Turmel, mercredi.

«Si jamais elle change d'idée, il n'y a aucun problème. Mais elle a été très catégorique jusqu'ici: elle ne veut pas déposer de plainte», a ajouté la députée de Hull-Aylmer en entrevue avec La Presse Canadienne.

À la sortie du caucus néo-démocrate, mercredi, le chef Thomas Mulcair a déclaré qu'il n'avait pas l'intention d'encourager ses députées à prendre part à une enquête tant que les paramètres de celle-ci ne seront pas définis.

Il a tenu à saluer le «courage» de celle qui a pris la «difficile décision» de raconter son histoire.

«Ce qu'on a lu dans les journaux (...) est extrêmement troublant», et c'est la raison pour laquelle le processus de résolution devra être «encadré d'une manière raisonnée, dans l'intérêt de tout le monde», a déclaré M. Mulcair.

Le chef libéral Justin Trudeau a quant à lui réitéré que le bureau du président de la Chambre était «le meilleur endroit pour déclencher un processus indépendant et confidentiel avec une tierce partie».

Il a refusé de spéculer sur le sort qui attend les deux députés libéraux éjectés du caucus libéral le 5 novembre dernier.

La députée néo-démocrate qui est sortie de son mutisme au cours des dernières heures a affirmé qu'elle avait eu une «relation sexuelle sans consentement explicite» avec M. Pacetti.

Celui-ci a aussitôt déploré que l'élue du NPD ait décidé de s'exprimer dans les médias.

«Cela me trouble que la plaignante ait choisi de rendre publiques ces allégations. C'est incohérent avec les déclarations de son entourage demandant que l'intimité et l'équité de tous soient respectées par toutes les parties», a-t-il écrit.

M. Trudeau n'a pas voulu se prononcer sur la démarche de la députée, qui l'avait approchée personnellement pour lui faire part de ses doléances le 28 octobre dernier lors des funérailles du caporal Nathan Cirillo, à Hamilton.

Il a également refusé de dire si, à son avis, sa collègue devrait suivre son exemple et prendre part à un processus de résolution.

«Je ne vais pas mettre de pression sur quiconque dans cette situation et je ne veux pas porter un jugement sur aucun comportement que ce soit», a dit le chef libéral en point de presse, mercredi midi.

MM. Pacetti et Andrews ont nié avoir quoi que ce soit à se reprocher depuis que cette affaire a éclaté au grand jour sur la colline.

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