DIVERTISSEMENT

«Diplomatie» de Volker Schlöndorff: Il faut sauver Paris (ENTREVUE/ VIDÉO/ PHOTOS)

26/11/2014 10:53 EST | Actualisé 26/11/2014 10:53 EST

Paris est passé à deux doigts d’être détruit en 1944. Le dernier film du réalisateur Volker Schlöndorff, Diplomatie, raconte à sa façon les dessous historiques qui auraient convaincu le général allemand Dietrich von Choltitz d’épargner la capitale française grâce à la force de dissuasion du consul de Suède Raoul Nordling. À l'occasion de la sortie du film, le Huffington Post Québec s’est entretenu avec le plus français des cinéastes allemands.

L’histoire, adaptation de la pièce éponyme à succès écrite par Cyril Gély - également coscénariste du film - est trop belle pour être vraie. Alors que les nazis s’apprêtent à raser la Ville lumière, le général refuse l’ordre direct d’Adolph Hitler. On dit que le commandant du Gross Paris aimait trop ses beautés pour accepter qu’on l’anéantisse.

«Je ne suis pas historien, se défend le réalisateur en entrevue téléphonique. Le général allemand n’a probablement pas épargné Paris pour des raisons aussi romantiques. Il reste que la ville a failli être rayée de la carte. C’est la triste vérité.»

Une fiction historique

Toutefois, le réalisateur du Tambour (Palme d'Or à Cannes en 1979 et l’Oscar du meilleur film étranger en 1980) le dit sans détour. Atteindre la vérité historique n’a jamais été son objectif premier. Film de commande, Diplomatie est arrivée dans les mains de Schlöndorff comme une bénédiction, lui qui voulait à nouveau tourner en France.

«En fait, ce qui m’intéressait dans ce projet, c’était l’imaginaire. Je suis parti de la pièce de Cyril Gély pour explorer une situation extrême où les gens se révèlent. Au fond, j’ai voulu faire un film sur le libre arbitre. C’est moins un drame historique qu’un drame de conscience».

L’œuvre se situe dans la nuit du 24 au 25 août 1944. La rencontre entre le militaire et le diplomate (incarnés au théâtre comme au grand écran par Niels Arestrup et André Dussollier) est le point de départ d’un récit en forme de huis clos dont la force réside dans ce face-à-face tendu entre les deux protagonistes.

«Leur rencontre n’a jamais eu lieu, précise Schlöndorff. Par contre, ils se connaissaient bien. Ils se sont même revus après la guerre. Mais, dans la réalité, von Choltitz a décidé seul de ne pas faire sauter Paris, probablement pour sauver sa peau puisqu’il savait que la capitulation de son pays était proche. Il s’est donné le beau rôle. Paris a été sauvé par une crapule.»

Diplomatie – Métropole Films Distribution – Drame historique – 84 minutes – Avec Niels Arestrup, André Dussollier, Burghart Klaußner, Robert Stadlober, Jean-Marc Roulot – Sortie en salles le 21 novembre 2014 – France.

«Diplomatie»