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Brésil: baisse de 18% la déforestation en Amazonie

26/11/2014 04:20 EST | Actualisé 26/11/2014 04:49 EST

La déforestation en Amazonie brésilienne a reculé de 18% entre 2013 et 2014, une bonne nouvelle à quelques jours de l'ouverture à Lima de la 20e Conférence de l'ONU sur le climat, mais des ONG contestent ces chiffres.

Les écologistes ont salué les efforts du gouvernement, mais estimé toutefois que les déboisements étaient toujours trop importants.

La ministre de l'Environnement, Izabella Teixeira, a annoncé mercredi que la déforestation avait atteint 4.848 km2, "le deuxième chiffre le plus bas de l'histoire, depuis que les superficies déboisées sont calculées".

Les calculs portent sur les neuf Etats amazoniens du Brésil, entre août 2013 et juillet 2014.

Le Brésil était parvenu à réduire la déforestation, qui atteignait 27 000 km2 en 2004, à 4571 km2 en 2011-2012. Depuis, la déforestation dans la plus grande forêt du monde a recommencé à augmenter pour s'établir à 5.891 km2 (+29%) en 2012-2013.

Les dernières mesures ont été réalisées par le système satellitaires PRODES géré par l'Institut de recherches spatiales (INPE), qui prend en compte les coupes rases et fait apparaître des taches rouges ou marron au milieu d'un océan de verdure.

L'ONG Institut Imazon avait cependant affirmé qu'en octobre de cette année, la déforestation était supérieure de presque 500% à celle enregistrée en octobre 2013.

Ces calculs non officiels avaient été réalisés avec la collaboration de Google Earth.

"Même si les chiffres ne sont pas officiels, (cette tendance) met en doute l'efficacité des politiques actuelles de prévention et de contrôle de la déforestation", avait regretté Imazon dans un communiqué.

La ministre a répondu en parlant de "conjectures": "Il y a des systèmes comme Imazon qui ont évoqué une augmentation (de la déforestation). Maintenant c'est un chiffre officiel. Je ne veux pas dire que d'autres (organismes) ne peuvent pas surveiller la situation. Mais nous ne pouvons pas mélanger les méthodes ni les informations", a poursuivi la ministre de l'Environnement.

- Un contrôle plus efficace -

Dans deux des neuf Etats amazoniens brésiliens seulement, l'Acre et le Roraima, dans le nord du pays, les déboisements n'ont pas diminué.

Ces bons chiffres sont dus "à un gros travail de contrôle, de renseignement et de régulation environnementale. Nous avons fait du contrôle préventif", a souligné la ministre, ajoutant que depuis 2004 la déforestation a reculé de 83%.

Afin de mieux lutter contre ce phénomène, les autorités brésiliennes ont récemment annoncé l'adoption d'un nouveau système d'alerte par satellite ainsi qu'un accroissement de la lutte contre le crime organisé.

"Les chiffres sont une bonne nouvelle. Le Brésil apporte des chiffres positifs pour le pays à la 20e Conférence de l'ONU sur le climat (COP20, du 1er au 12 décembre à Lima). Mais il n'y a pas de quoi se réjouir car on est loin du +déboisement zéro+", a réagi auprès de l'AFP un des responsables de Greenpeace pour l'Amazonie, Paulo Adario.

Il considère que l'INPE (public) a les meilleurs systèmes de détection et calculs de la déforestation.

"Nous étions tous inquiets car la tendance à la baisse avait été interrompue l'an dernier. Apparemment cela n'a été qu'un pic hors de la courbe, nous espérons que cela continuera à se confirmer", a-t-il ajouté.

Pour M. Adario, ces résultats confirment qu'au Brésil on peut produire des denrées alimentaires sans avoir besoin de déboiser.

"La production brésilienne de céréales a augmenté au cours des dernières années. Celle de viande bovine aussi et le Brésil est l'un des plus grands producteurs (agricoles) du monde. Ce problème selon lequel il faut choisir entre protéger l'environnement et produire des aliments est fausse", a-t-il souligné.

Selon M. Adario, il suffit "d'utiliser les zones dégradées" pour planter ou faire des pâturages.


Niños De La Amazonia Photography


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