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Taille de l'État: Québec va réduire ses effectifs d'«au moins» 2 pour cent

25/11/2014 03:28 EST | Actualisé 25/01/2015 05:12 EST

QUÉBEC - L'État québécois est mis à la diète.

Québec décrète une série de mesures visant à mieux contrôler les dépenses gouvernementales et à réduire la taille de l'État, grâce à une baisse «d'au moins» deux pour cent des effectifs de la fonction publique appliquée d'ici 2015-2016.

En clair, la fonction publique au sein des ministères et organismes comptera au total 1150 postes en moins.

En conférence de presse, mardi, le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a exposé sa vision de ce que devra devenir l'État sous la gouverne des libéraux, un État de taille plus modeste et moins dépensier.

C'est la première fois que le gouvernement Couillard énonce aussi clairement sa détermination à réduire la taille de l'État québécois, notamment par une compression de ses effectifs.

Le ministre prévoit que cette réduction pourra se faire uniquement par attrition, donc sans programme de départs volontaires ou mises à pied, grâce aux nombreux départs à la retraite prévus à court terme.

Le secteur parapublic _ les réseaux de la santé et de l'éducation _ est cependant exclu du processus.

Ce n'est pas un hasard si la décision du gouvernement d'imposer un régime minceur à l'administration publique survient au moment même où Québec s'apprête à déposer ses offres salariales aux syndicats du secteur public dans les prochains jours, une négociation qui s'annonce particulièrement difficile.

«Vous n'êtes pas sans savoir que la rémunération (des employés de l'État) représente près de 60 pour cent des dépenses de programmes», a rappelé le ministre, en disant que «tous doivent mettre l'épaule à la roue».

Une fois de plus, M. Coiteux a réaffirmé qu'il n'était pas question de renoncer à l'engagement de rétablir l'équilibre budgétaire dès le prochain budget, en 2015-2016. Québec ne reculera pas, a-t-il prévenu, disant que les demandes des employés de l'État devront s'ajuster à l'objectif «incontournable» de redresser les finances publiques et d'éliminer le déficit.

Le président du Conseil du trésor a dit l'importance à ses yeux que la population sache que le gouvernement fera d'abord «le ménage dans notre cour, dans la cour du gouvernement», avant d'imposer des sacrifices aux contribuables.

«Nous sommes déterminés à réduire la taille de l'État. Nous allons rénover l'État québécois», a soutenu M. Coiteux.

Plus tard, en conférence de presse sur un autre sujet, le premier ministre Philippe Couillard a renchéri pour indiquer qu'il était «clairement nécessaire que la population voit que les efforts sont répartis également» entre tous.

Le plan d'action du ministre inclut notamment la suspension des bonis au rendement au personnel cadre de la fonction publique, et la réduction au strict minimum du nombre de contrats octroyés à des consultants à l'extérieur du gouvernement.

Pour les hauts fonctionnaires, les comptes de dépenses et les frais de déplacement seront scrutés à la loupe et limités aux «cas incontournables».

M. Coiteux veut s'assurer que les élus donneront l'exemple et seront les premiers à se serrer la ceinture.

Les ministres devront donc désormais faire approuver leurs déplacements à l'extérieur du Québec par le cabinet du premier ministre. Leurs voyages devront être réduits à «l'essentiel».

De plus, la pertinence de confier des budgets discrétionnaires aux ministres (une cagnotte de 14 millions $ dispersée sans critères, ni reddition de comptes) sera réévaluée «en profondeur».

Québec demande aussi aux sociétés d'État de réduire leur budget de commandites et de publicité dès maintenant. Encore là, on les exhorte à s'en tenir aux «dépenses essentielles».

Dans une plus large mesure, dans les mois qui viennent, le gouvernement va revoir l'ensemble de sa structure, en vue de réduire ses coûts. Un nouvel organigramme devrait être rendu public dès le printemps.

Un des principaux syndicats du secteur public, le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), a qualifié l'annonce d'«abjecte».

Demander davantage aux employés de l'État, «c'est signer l'arrêt de mort de la fonction publique et ouvrir toute grande la porte à la 'Wallmartisation' du Québec», estime le président du SPGQ, Richard Perron.

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