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Les négociations sur le nucléaire iranien sont prolongées de sept mois

24/11/2014 08:45 EST | Actualisé 24/01/2015 05:12 EST

VIENNE, Autriche - Confrontés aux différences importantes qui persistent entre les États-Unis et l'Iran, les négociateurs ont renoncé lundi à conclure une entente nucléaire de dernière minute et ont plutôt convenu de prolonger les discussions jusqu'au 1er juillet.

Cela donnera aux deux camps la latitude nécessaire pour négocier une entente. Certains sceptiques risquent toutefois aussi d'y voir une nouvelle prolongation d'efforts diplomatiques entamés il y a plus de dix ans pour freiner le programme nucléaire iranien.

Les négociateurs internationaux craignent que l'Iran ne profite de son programme nucléaire pour mettre au point des armes de destruction massive, et des sanctions économiques ont été imposées à Téhéran. L'Iran dit être uniquement intéressée à produire de l'énergie.

Après six journées de diplomatie endiablée à Vienne, les négociateurs ont convenu lundi qu'un accord général devrait avoir été conclu d'ici au 1er mars, puis finalisé avant le 1er juillet.

Les discussions qui se déroulent actuellement à Vienne devaient normalement prendre fin à minuit, lundi. Des commentaires recueillis permettent toutefois de conclure que le seul progrès accompli depuis une semaine est celui de poursuivre les discussions.

Les négociateurs devraient se retrouver de nouveau en décembre, dans un endroit qui n'a pas été révélé.

La décision de prolonger les pourparlers semble jouer en faveur de l'Iran, dont le programme nucléaire en ressort gelé mais intact, sans aucune des réductions exigées par les États-Unis. L'Iran continuera aussi à engranger chaque mois 700 millions $ US provenant de fonds confisqués, en vertu d'un accord temporaire signé l'an dernier et qui a mené aux discussions actuelles.

Le ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond a indiqué que les deux camps se donnent jusqu'en mars pour conclure une entente qui «explique en termes de tous les jours ce sur quoi nous nous sommes entendus». Des experts disposeront ensuite de quatre mois pour «traduire ça en définitions précises de ce qui se produira sur le terrain», a-t-il dit aux journalistes.

M. Hammond et ses homologues des six grandes puissances ont tenté de brosser un portrait positif de la situation. M. Hammond a évoqué des «progrès importants», pendant que le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier affirmait que seuls des différences concernant des «détails techniques» persistent.

Mais la durée de la prolongation porte à penser que les deux camps croient qu'ils auront besoin d'amplement de temps pour s'entendre sur les réductions que l'Iran devra apporter à ses activités nucléaires pour obtenir un certain allègement des sanctions dont elle fait l'objet.

«Tous ceux qui sont ici croient qu'il y a vraiment une chance de s'entendre et nous allons saisir cette occasion», a dit M. Steinmeier.

Le Congrès américain est toutefois maintenant contrôlé par des Républicains qui menacent d'imposer de nouvelles sanctions à l'Iran. À Téhéran, les partisans de la ligne dure pourraient tenter de bloquer une éventuelle entente s'ils ont l'impression que leur pays accordent des concessions trop importantes.

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