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Gallant juge les demandes de l'Ontario sur Énergie Est raisonnables

24/11/2014 12:59 EST | Actualisé 24/01/2015 05:12 EST

TORONTO - Les conditions imposées par l'Ontario afin d'appuyer l'oléoduc Énergie Est de l'Alberta jusqu'à l'est du Canada ne nuiront pas au projet, selon le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant.

Le Nouveau-Brunswick a déjà donné son accord pour le projet de 12 milliards $, qui verrait la construction d'un nouveau terminal d'exportation à Saint-Jean. TransCanada (TSX:TRP) cherche à transporter plus d'un million de barils de pétrole brut par jour de l'ouest du pays vers les raffineries de l'est du Canada.

Après avoir rencontré la première ministre ontarienne Kathleen Wynne, lundi à Toronto, M. Gallant a déclaré que les positions prises par ses homologues de l'Ontario et du Québec ne remettaient pas en cause l'avenir du projet.

«Je crois que ces principes sont raisonnables et réalistes», a dit M. Gallant lors d'une conférence téléphonique.

Mme Wynne et le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, avaient déclaré la semaine dernière que les émissions de gaz à effet de serre devaient être considérées dans le développement du projet.

La première ministre ontarienne souhaite aussi être assurée que les représentants des Premières Nations et des autres communautés qui sont installées sur les terres où passerait l'oléoduc seront consultés. Elle souhaite également la mise en place d'un plan d'urgence et une garantie que l'apport actuel de l'Ontario en gaz naturel est assuré.

«Nous n'avons jamais remis en doute notre position que nous comprenons qu'il s'agit d'un projet dans le meilleur intérêt du pays, qu'il doit être fait de la bonne manière, et c'était ça l'intention de la conversation avec M. Couillard, tout comme celle avec M. Gallant», a dit Mme Wynne, lundi.

«Nous comprenons que nous sommes interreliés et que l'Alberta doit transporter ses ressources et que l'Ontario, le Québec et le Nouveau-Brunswick doivent faire partie de l'aventure, mais il y a certains principes auxquels nous devons adhérer», a-t-elle ajouté.

M. Gallant soutient que le projet peut être réalisé de manière sécuritaire et bénéfique pour toutes les provinces à travers le pays.

«Nous pouvons le faire en atténuant les impacts environnementaux. Nous pouvons obtenir d'importants bénéfices économiques pour notre province et plusieurs communautés à travers le pays», a-t-il dit.

TransCanada a déposé une demande à l'Office national de l’énergie le mois dernier afin de transformer un oléoduc de gaz naturel pour transporter du pétrole brut sur les deux tiers du pays et construire un nouvel oléoduc pour le reste du trajet.

Malgré une liste de conditions, M. Gallant s'est dit optimiste que l'Ontario allait appuyer le projet puisque Mme Wynne considère l'oléoduc important et bénéfique.

«Mais j'ajouterais qu'il s'agit d'un rappel qu'il ne faut pas s'asseoir sur nos lauriers et penser que le projet est coulé dans le béton», a-t-il rappelé.

«Un processus a été amorcé et je pense que nous pouvons continuer en tant que province à démontrer notre appui pour ce que nous croyons être un bon projet», a-t-il ajouté.

La Saskatchewan se dit inquiète

De son côté, le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, s'est dit inquiet des positions prises par l'Ontario et le Québec.

M. Wall a déclaré qu'un processus rigoureux en place à l'Office national de l’énergie allait assurer que le projet respecte les normes environnementales et de sécurité.

Il a ajouté qu'il croyait que les premiers ministres du Québec et de l'Ontario créaient «des barrières inutiles» au projet qu'il a qualifié de simple.

Le président de l'Office, Peter Watson, a déclaré que les politiques liées aux changements climatiques ne faisaient pas partie de son champ de compétence et qu'il souhaitait éviter que les audiences soient ralenties par un débat sur cette question.

M. Watson a noté que le projet devait être analysé et qu'il n'hésiterait pas à prolonger la limite légale de 15 mois si d'autres informations sont requises ou si d'autres parties concernées voulaient être entendues.

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