DIVERTISSEMENT

Festival Juste pour rire : RBO récidivera au Centre Bell (PHOTOS/VIDÉO)

24/11/2014 06:24 EST | Actualisé 24/11/2014 09:52 EST

C’était écrit dans le ciel : après avoir soulevé la Place des Festivals le 23 juillet dernier, les membres de Rock et Belles Oreilles récidiveront et se réuniront à nouveau pour d’autres représentations du spectacle The Tounes. Les prochains rendez-vous auront lieu au Centre Bell, les 10 et 11 juillet 2015, dans le cadre du Festival Juste pour rire.

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The Tounes


Guy A.Lepage, Yves Pelletier, André Ducharme et Bruno Landry revisiteront sensiblement la même formule que celle empruntée la dernière fois : les Porn Flakes et Gaëtan Essiambre à l’accompagnement musical, leurs tubes qui n’ont pas pris une ride malgré le temps qui passe (Bonjour la police, I Want To Pogne, Le feu sauvage de l’amour, Re fe le me le, Arrête de boire, mais aussi d’autres morceaux moins connus), les personnages mythiques de RBO, des adaptations de couplets de chansons et des gags pour se moquer de l’actualité, des projections et des effets spéciaux. Seul le matériel lié aux manchettes de l’heure sera réadapté. Pierre Séguin signe la mise en scène et Lüz Studio, la conception visuelle. Au total, la bande a déjà une prestation d’environ une heure trente-cinq entre les mains, et la structure de base devrait rester intacte.

«Je pense que l’alignement de départ sera le même, a taquiné Guy A.Lepage. On va vous refaire le même coup qu’on vous a fait l’été passé. Ce sera comme un show de Justin Timberlake, mais avec des vieux!»

Pas de tournée

Vêtus de leurs emblématiques vestes jaunes, les hommes de RBO ont rencontré la presse au restaurant du Centre Bell, lundi après-midi. Seul Bruno Landry n’y était pas, car il est présentement en vacances, «sur un autre continent», ont précisé ses amis. Ces derniers avaient apporté un portrait de leur collègue grandeur nature, en carton, pour pallier son absence.

Entre les nombreuses blagues – inévitables et incontournables lorsque les quatre gaillards se retrouvent ensemble -, on sentait un réel bonheur chez les artistes d’avoir l’opportunité de se produire dans l’antre du Canadien de Montréal. Même si, ont-ils ironisé dans le communiqué remis aux médias, au début de leur carrière, ils rêvaient de jouer au Forum, et devront ainsi «se contenter» du Centre Bell.

«On a vécu quelque chose de particulier sur la Place des Festivals, l’an passé, a commenté Yves Pelletier. Il y a quelque chose d’intimidant dans le fait d’être au Centre Bell. C’est un lieu qui s’est approprié le mythe de l’ancien Forum. J’ai déjà hâte d’entendre crier : Guy, Guy, Guy!»

Y aura-t-il captation du spectacle pour une éventuelle sortie en DVD ou une diffusion à la télévision? Peut-être ; des négociations sont présentement en cours. La production pourrait-elle se transporter dans d’autres villes de la province après le passage au Centre Bell? Encore là, des discussions ont lieu. Les quatre humoristes aimeraient s’arrêter à Québec, mais rien n’est confirmé pour l’instant. Chose certaine, aucune tournée formelle n’est prévue à l’horaire, la logistique de The Tounes étant trop imposante pour l’ériger dans de petites salles.

«Si on veut faire ce show-là, il n’y a pas beaucoup d’endroits qui peuvent nous accueillir…», s’est désolé Guy A.Lepage.

«New York et Seattle pourraient, mais on n’est pas connus, là-bas…», a riposté André Ducharme.

«On s’excuse, on a peut-être présenté un trop gros show, un peu démesuré, qui exige la présence d’une soixantaine de personnes», a rappliqué Guy A.

«On ne peut pas faire une demi-version de ce spectacle-là, ou le rapetisser», s’est excusé André Ducharme.

Quant à Richard Z Sirois et Chantal Francke, les visages de RBO qui avaient jadis quitté l’aventure du groupe en cours de route, le premier a fait une apparition sur scène lors du dernier tour de piste de ses comparses, et la seconde était dans l’assistance pour admirer leurs prouesses.

C’est probablement ce même scénario qui se répétera au Centre Bell en 2015.

Entre 70 000 et 100 000 personnes

Catherine Girard-Lantagne, directrice de la programmation du volet Arts de la rue de Juste pour rire, a jugé lundi que les retrouvailles de RBO, en juillet 2014, ont non seulement été «l’événement du Festival», mais «l’événement culturel de l’été».

«C’est la première fois dans l’histoire des Arts de la rue qu’un de nos spectacles continue de vivre au-delà du Festival », a-t-elle mentionné.

Jacques K.Primeau, coproducteur de The Tounes et gérant de Rock et Belles Oreilles, a pour sa part évoqué le «dur labeur» qu’a représenté l’organisation de ce rassemblement à grand déploiement, le 23 juillet. Incapable d’estimer le nombre exact de spectateurs qui ont applaudi Guy, André, Yves et Bruno ce soir-là – les nombres de 100 000 et de 70 000 ont été entendus, ce qui signifie que le chiffre réel se situe sans doute quelque part entre les deux – Jacques K.Primeau n’avait pas besoin d’autres arguments que la vue de la Place des Festivals et ses environs, rues Jeanne-Mance et Maisonneuve, remplies au centimètre près, pour être convaincu que RBO devait renouveler l’expérience.

«Ce que j’ai trouvé fantastique, c’est la diversité du public et d’âge, s’est-il réjoui. Il y a des gens qui avaient vu RBO dans le temps, qui revenaient, un peu nostalgiques. Mais il y en avait aussi beaucoup qui en avaient entendu parler, qui les connaissaient, mais qui ne les avaient jamais vus. Cette mixité de public, avec parents et enfants, un peu comme la génération Tintin, qui s’étend de 7 à 77 ans, m’a plu énormément, et m’a permis de constater le chemin parcouru.»

«Il y a un bout, là-dedans, qui ne nous concerne pas du tout, a expliqué Yves Pelletier. Nous, on se disait qu’on allait faire un show extérieur, que c’était médiatisé et que, si la température était belle, plusieurs personnes viendraient. Mais la foule qui était présente, la réaction dans les journaux et à la télévision dans les jours qui ont suivi, la façon dont les gens en ont parlé… Je ne sens pas qu’on pousse sur le monde pour leur offrir quelque chose! Au contraire, on a l’impression qu’on nous réclame encore un retour.»

Leur plus beau moment

En guise de conclusion, nous avons demandé à Guy A.Lepage, André Ducharme et Yves Pelletier de nous parler du plus bel instant qu’ils ont vécu lors de leur happening estival de juillet dernier.

«Je ne peux pas identifier à quel moment ça s’est produit, mais je sais qu’on était extrêmement nerveux, fébriles et stressés, a raconté Yves Pelletier. Pendant une chanson, on dansait, et j’ai croisé le regard des autres ; je me suis senti comme à CIBL un vendredi soir, en train de déconner! De ressentir ça, alors qu’il y avait cette foule devant nous, j’ai eu un frisson. Je pense qu’on a tous ressenti la même chose.»

«À CIBL, en 1982, on avait composé une chanson qui s’appelle Melvin le bûcheron, a enchaîné Guy A. Lepage. Elle dure 58 secondes, et je pensais qu’il y avait juste des happy few drogués qui l’aimaient. Quand, au milieu du spectacle, on a annoncé qu’on chantait Melvin, c’a crié comme si on avait dit qu’on allait faire Satisfaction, des Rolling Stones! Les gens la connaissaient par cœur! C’était surréaliste!»

«Il n’y avait pas beaucoup de moments où on n’avait rien à faire, s’est remémoré André Ducharme. Quand Bruno était seul au micro, je me suis installé derrière lui, et j’ai regardé le spectacle. J’avais un certain détachement, un certain recul. Je pouvais à la fois regarder Bruno et le public. C’était un moment privilégié. Et c’était la même chose pendant le numéro des Bidules, quand j’étais installé derrière ma batterie. J’avais toujours RBO devant moi. C’était un grand plaisir pour moi, ce bout-là.»

Les billets pour The Tounes seront en vente à compter du samedi 29 novembre, à 10h, au www.evenko.ca et au www.hahaha.com.

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