NOUVELLES

28 non-musulmans sont exécutés par des islamistes d'al-Shabab au Kenya

22/11/2014 06:52 EST | Actualisé 22/01/2015 05:12 EST

NAIROBI, Kenya - Le groupe islamiste extrémiste al-Shabab a revendiqué la responsabilité de l'attaque d'un autocar, lors de laquelle 28 passagers non-musulmans ont été tués.

L'attaque a eu lieu samedi à l'aube. Une vingtaine d'individus armés auraient intercepté un autobus dans le nord du Kenya, à 50 kilomètres de Mandera, pour tuer 28 de ses 60 passagers, soit 19 hommes et neuf femmes, selon le chef de police David Kimaiyo et d'autres agents.

Les combattants auraient tenté une première fois d'arrêter l'autobus, mais le chauffeur n'a pas arrêté le véhicule. Ils ont criblé l'engin de balles, ce qui n'a pas non plus convaincu le chauffeur de s'arrêter, donc ils ont lancé une grenade propulsée par fusée.

Ils ont ordonné au chauffeur de se ranger et fait sortir tous les passagers du véhicule. Ils ont trié tous ceux qui semblaient non musulmans et les ont exécutés sur place.

Selon le seul survivant non-musulman, le professeur Douglas Ochwodho, les tireurs ont ordonné à ceux qui avaient été mis à part de réciter le Shahada, une prière musulmane. Ceux qui n'ont pas pu le faire, dont M. Ochwodho, ont dû s'étendre sur le sol, avant que leurs bourreaux ne les abattent, un à un.

L'enseignant a survécu parce que ses assaillants croyaient déjà l'avoir tué. Il est resté immobile jusqu'à ce que les 20 islamistes quittent l'endroit.

Le chef des forces policières du comté de Mandera a indiqué que 17 des 28 morts étaient des professeurs.

Selon des agents, al-Shabab possède des armes plus sophistiquées que les forces policières. Un manque de personnel et d'équipement aurait fait en sorte que la réponse de la sécurité a tardé, la police ayant dû attendre le renfort de l'armée avant d'intervenir.

Le groupe al-Shabab a fait la revendication de l'attaque sur les ondes de sa radio, en Somalie, expliquant qu'il s'agissait d'une vengeance contre les forces de la sécurité kenyanes qui ont effectué des descentes dans quatre mosquées, plus tôt cette semaine sur la côte du Kenya. Les autorités ont fermé quatre mosquées après y avoir trouvé des explosifs et un fusil lors de ces descentes. Ils y ont tué 45 rebelles.

Le Kenya a été témoin d'une série d'attaques et d'attentats à la bombe depuis qu'il a envoyé ses troupes armées en Somalie, en octobre 2011. Depuis, 135 attaques du groupe somalien al-Shabab auraient été perpétrées, dont l'attentat marquant du centre commercial Westgate en septembre 2013, qui a fait 67 morts.

L'International Crisis Group a signalé dans un rapport paru en septembre dernier que le groupe al-Shabab devenait une menace «de plus en plus grave» au Kenya. Le groupe extrémiste profiterait des doléances de longue date de la communauté musulmane du Kenya, qui a souffert par le passé de discrimination et d'exclusion.

Les États-Unis ont condamné les attaques «horribles» des terroristes contre des «civils innocents» .

«Nous supportons nos partenaires kenyans pour contrer la menace terroriste et nous réaffirmons notre engagement de travailler avec les Kenyans pour se battre contre ces atrocités», a déclaré la porte-parole du Conseil national de sécurité, Bernadette Meehan, par voie de communiqué.

PLUS:pc