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Les Carabins devront se méfier des Bisons et de leurs 18 revirements

21/11/2014 05:10 EST | Actualisé 21/01/2015 05:12 EST

MONTRÉAL - Face à une équipe qui a provoqué pas moins de 18 revirements au cours de ses deux matchs éliminatoires disputés à l'étranger, la clé pour les Carabins de l'Université de Montréal sera simple, samedi, en demi-finale du football universitaire canadien face aux Bisons de l'Université du Manitoba: garder le ballon.

«Ce sera le plus important, a indiqué l'entraîneur-chef Danny Maciocia à la veille du plus important duel de l'histoire des Carabins. Ça et profiter de nos occasions quand nous serons en zone payante.»

De ces 18 revirements, neuf ont été des interceptions, de quoi faire réfléchir le quart partant des Carabins, Gabriel Cousineau.

«On en a parlé toute la semaine: la priorité sera de protéger le ballon, a indiqué celui qui a terminé au premier rang avec un taux de passes complétées de 71,9 pour cent cette saison. On ne commet pas beaucoup de revirements, mais c'est encore plus important à ce stade-ci de la saison. Il faudra garder les deux mains sur le ballon.»

«Je ne sais pas ce qui s'est passé, a pour sa part indiqué Brian Dobie, l'entraîneur-chef des Bisons, au sujet de ces nombreuses interceptions. J'ai beaucoup critiqué notre tertiaire au cours des deux ou trois dernières années. Mais je crois qu'il s'agit seulement d'une évolution normale. Quand vous commencez à faire du vélo, vous avez des roues d'appoint, puis vos parents tiennent votre vélo et soudainement, vous roulez sans tenir le guidon a-t-il imagé. C'est ce qui s'est passé au cours des deux, trois dernières années. C'est l'évolution de notre défense.»

Une attaque explosive

Maciocia craint également l'attaque des Bisons, qui ont vaincu les favoris dans l'Ouest, les Dinos de l'Université de Calgary par la marque de 27-15 le week-end dernier.

«Ils ont une grosse attaque, a-t-il dit. Leur porteur de ballon (Kienan Lafrance) et l'un de leurs receveurs (Nic Demski) sont parmi les meilleurs au pays. Ils sont bons. Il faudra les limiter.»

«Il faudra demeurer fort mentalement, a pour sa part déclaré le secondeur des Carabins Byron Archambault, deuxième au pays avec neuf sacs cette saison. Faudra être prêt à affronter n'importe lequel type de scénario. C'est une équipe qui a converti de longs deuxièmes essais en gains de 50 verges en quelques occasions. On n'a jamais affronté ce genre d'adversité et il faudra demeurer unis face à cela.»

Les deux clubs ne tarissaient d'ailleurs pas d'éloges l'un envers l'autre à 24 heures de leur duel et Dobie n'a pas manqué de souligner la qualité de l'unité défensive des Carabins.

«Leur pression sur le quart fait peur. Ils ont d'excellents athlètes au sein de leur tertiaire et je pense que tant qu'une équipe ne prouvera pas le contraire, ils ont la meilleure défense au Canada. Jordan Yantz (notre quart partant) et l'attaque en auront plein les bras. On devra demeurer calmes et patients. On sait que leur défense aura du succès contre nous, mais on doit être patients et profiter de toutes les occasions qui nous serons offertes.»

Une motivation facile à trouver

Les deux clubs doivent en quelque sorte redescendre de leur nuage à la suite de deux victoires qui, sans être des surprises, ont chassé de la course deux des favoris au Canada, les Dinos et le Rouge et Or de l'université Laval. Aucun des deux entraîneurs n'a toutefois eu à le rappeler à ses protégés.

«Personne ne parle du match de la semaine dernière, a fait remarquer Maciocia. On ne l'a même pas regardé. Il faut passer à autre chose. On savait qu'on avait un adversaire qu'on ne connaissait pas qui s'en venait. La concentration a entièrement été sur le match contre les Bisons.»

«C'est sûr qu'on est affamés, a ajouté Cousineau. Après le match (contre Laval), on s'est dit qu'on se donnait une ou deux journées pour célébrer cette victoire, aller voir nos familles et être contents. Mais on s'est dit dans le vestiaire qu'à compter de lundi, c'était 'back to business'. On rentrait au bureau, car le travail n'était pas terminé. Notre objectif, c'est de gagner le dernier match de la saison.»

«Pour toutes les équipes, il pourrait y avoir ce danger, mais pas pour nous, a renchéri Archambault. Nous sommes très, très forts mentalement. Le lendemain de notre victoire contre Laval, on était de retour et on voulait se préparer pour les Bisons. Nous étions une bonne dizaine à attendre les films et nous étions fâchés parce qu'ils n'arrivaient pas. On va apporter cette émotion sur le terrain.»

Maciocia sent d'ailleurs que son club est prêt et il ne comptait pas les bombarder d'informations pendant leur dernier entraînement, vendredi soir.

«Moins on en dit, le mieux on se porte. C'est la stratégie qu'on a employée la semaine passée. Je ne crois pas qu'il y ait grand-chose à dire. Ils sont prêts mentalement et physiquement; ils sont à l'aise avec le plan qu'on a en place, ne reste plus qu'à sauter sur le terrain et l'exécuter. Par le passé je croyais qu'il fallait aborder un thème différent à chaque jour et faire un résumé la veille du match. Après quatre ans, j'ai appris: ils savent. Ils connaissent l'importance du match de (samedi) et ils sont bien préparés.»

Le botté d'envoi sera donné à 12h30, au CEPSUM de l'Université de Montréal. Vendredi matin, il restait encore quelque 350 billets à vendre pour le stade d'une capacité de 5100 spectateurs.

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