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Ebola: des échantillons de sang infecté auraient été volés en Guinée

21/11/2014 08:35 EST | Actualisé 21/01/2015 05:12 EST

CONAKRY, Guinée - Des bandits se sont emparés en Guinée d'une glacière qui contenait des échantillons de sang possiblement contaminés par le virus Ebola.

Les responsables ont mis en garde, vendredi, contre les dangers présentés par ces échantillons et ont promis de prendre les mesures nécessaires pour éviter qu'un tel vol ne se reproduise.

Le véhicule qui transportait les échantillons a été attaqué près de la ville de Kissidougou alors qu'il cheminait entre la préfecture de Kankan, dans le centre de la Guinée, et un laboratoire de Guéckédou, dans le sud du pays, a indiqué la Croix-Rouge guinéenne. Des bandits sévissent fréquemment le long de la route empruntée.

La glacière avait été confiée à un messager de la Croix-Rouge pour le périple de 265 kilomètres.

Le taxi a été intercepté par trois motocyclistes armés qui ont réclamé les téléphones cellulaires, les bijoux et l'argent des neuf passagers qui se trouvaient à bord du véhicule. Personne n'a été blessé.

Les autorités ont lancé un message à la radio nationale pour demander aux voleurs de rendre les échantillons.

«On ne comprend pas pourquoi ils ont volé l'échantillon. Ils pensaient peut-être qu'il y avait de l'argent dans le contenant», a dit un représentant de la Croix-Rouge, Faya Étienne Tolno.

M. Tolno a expliqué que la Croix-Rouge guinéenne manque de véhicule, d'où ce recours à un taxi.

En Sierra Leone, l'Unicef s'affairait vendredi à augmenter le nombre de centres de traitement disponibles. Dix nouveaux centres de huit lits chacun ont été ouverts dans le district de Bombali, dans le nord du pays. Cinq autres centres ouvriront la semaine prochaine, a dit l'Unicef.

Ces centres permettent de freiner la transmission du virus en isolant les patients. L'OMS a déploré plus tôt cette semaine que seulement 13 pour cent des patients sierra-léonais soient isolés, soit loin de la cible de 70 pour cent souhaitée.

Un médecin cubain infecté par l'Ebola en combattant l'épidémie en Sierra Leone est arrivé en Suisse pour y être soigné. Le docteur Felix Baez Sarria a pu descendre de l'avion par ses propres moyens. Il a été placé à bord d'une ambulance spécialement équipée et transporté vers l'hôpital universitaire de Genève.

Le médecin de 43 ans avait revêtu une combinaison de protection avant de quitter l'avion.

Le docteur Baez était l'un des 165 spécialistes cubains envoyés en Sierra Leone. Il s'est apparemment infecté en se précipitant au secours d'un patient qui vacillait et risquait de chuter.

Le président français François Hollande a annoncé vendredi son intention de se rendre en Guinée la semaine prochaine, dans le cadre des efforts déployés pour combattre la maladie. Il deviendra le premier chef d'État non-africain à visiter un pays infecté depuis le début de l'épidémie.

La France prévoit déployer des cliniques médicales mobiles en Guinée et a promis de consacrer 170 millions d'euros à la lutte à l'Ebola.

Toujours vendredi, l'agence Médecins sans frontières a renvoyé chez elle une spécialiste espagnole travaillant au Mali, après qu'elle se soit accidentellement piquée avec une aiguille utilisée pour traiter un patient infecté. Un porte-parole du ministère espagnol de la Santé a indiqué que la femme ne présente aucun symptôme mais qu'elle sera traitée comme un cas à «risque élevé».

Enfin, des représentants américains ont admis jeudi que des désaccords persistent quant à la réaction internationale à l'épidémie au Libéria. Ils ont notamment évoqué des disputes concernant l'emplacement des centres de traitement ou l'utilisation d'hélicoptères militaires américains pour transporter les patients et les échantillons depuis des régions éloignées.

Ces mésententes auraient éclaté lors de rencontres entre des représentants des États-Unis, du Libéria, de l'ONU et d'agences comme Médecins sans frontières. Les responsables affirment toutefois qu'il s'agit de débats mineurs et éphémères qui sont en voie d'être résolus.

L'Ebola a fait plus de 5400 victimes au Libéria, en Guinée et en Sierra Leone. Le virus se transmet principalement lors d'un contact avec les fluides corporels d'une personne infectée. Il s'agit de la pire épidémie de ce virus de toute l'histoire.

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