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Le Canada attire les étudiants étrangers, mais peine à les garder

21/11/2014 10:38 EST | Actualisé 21/11/2014 10:38 EST
Shutterstock / hxdbzxy

Le Canada accueille de plus en plus d'étudiants étrangers, mais une plus faible proportion d'entre eux prévoient rester au pays après leurs études, révèle un sondage du Bureau canadien de l'éducation international (BCEI). Ils ont d'ailleurs de la difficulté à tisser des amitiés avec les Canadiens.

Un texte d'Éric Larouche

Depuis 10 ans, les étrangers sont chaque année plus nombreux à fréquenter un établissement d'éducation au pays, ce qui injecte des milliards de dollars dans l'économie canadienne, note le BCEI. Ils apportent aussi un « ensemble très diversifié d'expériences aux campus et collectivités », ajoute l'organisme sans but lucratif, qui cherche à faire du Canada un chef de file en éducation internationale.

Dans son rapport publié vendredi, le Bureau ajoute que cette présence d'étudiants étrangers au Canada contribue « à un fort degré d'échange d'idées entre les différents groupes, renforce la recherche, encourage une culture de compréhension collective ».

L'an dernier, le Canada comptait 293 505 étudiants étrangers qui suivaient une formation, tous niveaux confondus, surtout en ingénierie ou en commerce, soit une hausse de 84 % par rapport à 2003.

Pour consulter ce graphique sur le nombre d'étudiants étrangers sur votre appareil mobile, cliquez ici.

Ce troisième sondage annuel du BCEI indique que la moitié des étudiants internationaux ont l'intention de demander la résidence permanente au Canada. Il s'agit d'un recul par rapport à 2013; 57 % des étudiants étrangers disaient alors vouloir s'établir au pays.

Les intentions des étudiants internationaux de rester au pays à la fin de leurs études varient aussi en fonction de leur région d'origine. Plus des deux tiers des étudiants venant de l'Afrique subsaharienne (71 %) et de l'Asie du Sud (66 %) pensent rester au Canada. Ce pourcentage chute à 32 % chez les étudiants européens et à 22 % pour les Américains.

Pour consulter ce graphique sur les intentions des étudiants après leurs études sur votre appareil mobile, cliquez ici.

Surtout les Chinois

En 2013, les étudiants internationaux au pays provenaient surtout de la Chine (32 %), de l'Inde (11 %), de la Corée du Sud (6 %), de l'Arabie saoudite (5 %) et de la France (4 %).

Le rapport du BCEI note une progression marquée des étudiants nigériens qui choisissent le Canada, en hausse de 29 % par rapport à l'année précédente, à 6080. Les Russes étaient aussi plus nombreux l'an dernier à étudier au Canada, soit 2970; une augmentation de 24 % comparativement à 2012.

Pour consulter ce graphique sur les principaux pays d'origine des étudiants étrangers sur votre appareil mobile, cliquez ici.

Le sondage en ligne de 2014 du BCEI a été réalisé en avril et mai auprès de 3095 étudiants internationaux de 25 établissements d'enseignement dans les 10 provinces.

Difficile d'avoir des amis canadiens

Plus de 50 % des étudiants étrangers ont dit n'avoir aucun ami canadien, note le sondage. Une donnée inquiétante, selon le Bureau canadien de l'éducation internationale.

« Bien que l'idée de se faire des amis ne soit pas le principal facteur dans le choix d'une destination d'études, de bonnes relations entre les étudiants canadiens et les étudiants internationaux sont un signe d'inclusion interculturelle caractéristique d'un campus internationalisé. » — Extrait du rapport du Bureau canadien de l'éducation international

Encore une fois, le sondage indique des variations marquées entre la région d'origine et la facilité avec laquelle les étudiants étrangers parviennent à nouer des amitiés avec des Canadiens.

Le rapport du Bureau avance qu'une maîtrise sommaire de l'anglais peut être une barrière à l'amitié. D'ailleurs, les étudiants américains parviennent plus facilement à se faire des amis canadiens que ceux d'autres pays. Selon le sondage, 84 % des Américains étudiant au pays ont des amis canadiens, contre la moitié de ceux qui viennent de l'Amérique latine et des Caraïbes.

Les étudiants de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient sont ceux qui parviennent le plus difficilement à tisser des amitiés avec des Canadiens.