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Obama agit pour éviter la déportation de cinq millions d'immigrants illégaux

20/11/2014 04:56 EST | Actualisé 20/01/2015 05:12 EST

WASHINGTON - Aux États-Unis, près de cinq millions d'immigrants illégaux éviteront la déportation et pourront obtenir un permis de travail s'ils habitent le pays depuis au moins cinq ans, a annoncé le président Barack Obama, jeudi soir.

M. Obama a décrété, sans l'approbation du Congrès, que le pays s'attarderait à déporter seulement les immigrants récents, les criminels et tous ceux qui représentent une réelle menace pour la sécurité nationale.

«Nous continuerons de concentrer les ressources du maintien de l'ordre sur les vraies menaces. Sur les criminels et non sur les familles et les enfants», a-t-il expliqué.

Il a ajouté qu'il accélérerait le processus d'immigration pour les entrepreneurs et les personnes hautement qualifiées pour qu'elles puissent «rester et contribuer à l'économie américaine».

Le président a insisté sur le rôle important que jouent les immigrants au pays, citant l'ancien président George H. W. Bush: «Ils font partie de la vie américaine».

Dans son discours livré jeudi soir, le président s'est défendu d'aller de l'avant sans l'appui des deux Chambres, insistant qu'elles avaient «échoué» à adopter une réforme du système de l'immigration.

«À tous les membres du Congrès qui remettent en question ma compétence pour améliorer le système ou qui remettent en question la sagesse d'agir là où le Congrès a échoué, je n'ai qu'une seule réponse: "Adoptez une loi" », a-t-il lancé.

Malgré le plan élaboré du président, il reste que près de la moitié des 11 millions d'immigrants illégaux aux États-Unis ne seront pas couverts par une telle politique.

«Même si nous sommes une nation de l'immigration, nous sommes aussi une nation de lois. Des travailleurs sans papiers ont enfreint la loi et ils doivent être tenus responsables», a déclaré M. Obama.

La nouvelle politique d'immigration du président alimentera la grogne des républicains, qui prendront le contrôle des deux chambres du Congrès en janvier.

«Le président regrettera d'avoir écrit ce chapitre de l'histoire», a averti le leader de la minorité au Sénat, Mitch McConnell.

Certains républicains, frustrés que M. Obama utilise ses pouvoirs discrétionnaires, ont menacé de couper les fonds des crédits budgétaires dédiés à l'immigration, ce qui pourrait éventuellement mener à la paralysie du gouvernement. Un représentant républicain a même évoqué la destitution du président.

Les dirigeants du parti ont toutefois voulu calmer les ardeurs de certains, précisant que cela allait leur nuire auprès de certains électeurs, dont les hispaniques, qui sont de plus en plus nombreux au pays.

Le président Obama envisageait d'imposer son décret présidentiel depuis le début de l'été. Le Sénat avait pourtant adopté une loi l'année dernière qui aurait permis à presque tous les immigrants illégaux d'obtenir éventuellement une citoyenneté américaine. Toutefois, la Chambre des représentants, menée par les Républicains, avait rejeté les nouvelles mesures.

Les présidents Ronald Reagan et George H.W. Bush avaient eux aussi adopté des lois en matière d'immigration sans l'appui du Congrès.

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