POLITIQUE

Les commissions scolaires tentent de comprendre où s'en va Québec

20/11/2014 12:58 EST | Actualisé 20/11/2014 12:59 EST
Digital Light Source via Getty Images
Hearing Impaired boy writing a math equation on a chalkboard (Photo by: Digital Light Source/UIG via Getty Images)

La Fédération des commissions scolaires du Québec est réunie en conseil général ce matin à Québec et l'ambiance est à la perplexité devant le plan de restructuration que leur a présenté, hier, le ministre de l'Éducation, des Sports et du Loisir, Yves Bolduc.

Pour le ministre, l'enjeu semble clair : « D'abord il faut s'entendre sur une nouvelle délimitation géographique pour avoir une meilleure organisation des services », a-t-il affirmé en point de presse, quelques jours après avoir confirmé son intention de réduire le nombre de commissions scolaires dans la province.

Bien qu'Yves Bolduc n'ait pas précisé de quelle manière allait s'opérer cette restructuration, le scénario qui est sur toutes les lèvres consiste à faire passer le nombre de commissions scolaires de 72 à 46, soit 36 francophones, 7 anglophones et 3 à statut particulier.

S'entendre, c'est donc ce que les présidents des commissions scolaires vont tenter de faire. Le ministre Bolduc affirme que « la balle est dans leur camp ». Mais leur défi est d'autant plus complexe que leurs questions demeurent encore sans réponse.

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« C'est impensable »

Jean Couture résume la situation de la commission scolaire René-Lévesque, qu'il préside. Située dans le sud de la Gaspésie, elle sera fusionnée à celle du nord, les Chic-Chocs.

« Les conséquences sont énormes, s'inquiète-t-il. Je pense que ça va même avoir un effet sur le taux de diplomation. Va-t-on être capables de donner les mêmes services de qualité? [...] Imaginez qu'on organise une réunion; vous allez faire quatre heures de route pour vous y rendre et quatre heures pour en revenir. C'est impensable. »

En 1998, date de la précédente vaste reconfiguration du réseau, le nombre de commissions scolaires était passé de 158 à 72.

Un ensemble d'interrogations

Mercredi, la présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Josée Bouchard, est sortie bien perplexe du bureau du ministre Bolduc qui venait de lui exposer les grandes lignes de la refonte.

« Est-ce qu'il [ le ministre Bolduc ] est capable de chiffrer les économies générées par d'éventuelles fusions? Quelle est la plus-value pour les élèves au Québec avec ces fusions-là? Est-ce qu'on va conserver la proximité des services? On n'a pas de réponses à ça. » — La présidente de la FCSQ, Josée Bouchard

« Une improvisation », dit Catherine Harel-Bourdon

Catherine Harel-Bourdon, qui est à la tête de la plus grosse commission scolaire du Québec, soit celle de Montréal, abonde dans le sens de Josée Bouchard.

Elle s'étonne que les dirigeants des commissions scolaires ne soient pas en mesure de tirer au clair les intentions du ministre Bolduc. « C'est assez étonnant, d'habitude c'est bien organisé, il y a un processus, affirme Catherine Harel-Bourdon.

« Vous savez on a vécu les fusions en 1998, tout un processus s'était enclenché quand on avait eu les commissions scolaires linguistiques. Là on est dans une improvisation, je le répète, sur le dos des élèves. » — Catherine Harel-Bourdon, présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM)

Le ministre Yves Bolduc compte s'entretenir de nouveau avec les dirigeants des commissions scolaire d'ici la période des Fêtes. « On va attendre leurs recommandations et on s'est entendu qu'on se reverrait danss quelques semaines », a-t-il expliqué en point de presse, jeudi.

Remettre en question le ministre lui-même

Du côté de la Coalition Avenir Québec, on qualifie « d'incohérence totale » le parcours du ministre de l'Éducation depuis le début de son mandat. Le député de Chambly, et porte-parole de la CAQ en matière d'éducation, Jean-François Roberge, réclame carrément du premier ministre qu'il confie le dossier de l'éducation à un autre député, sur-le-champ.

La CAQ, qui prône le démantèlement pur et simple du réseau de commissions scolaires, reproche à Yves Bolduc de faire des promesses contradictoires. D'une part il veut accroître l'autonomie des écoles mais, d'autre part, il entend préserver les lourdes structures administratives que sont les commissions scolaires, dénonce en substance le député Roberge qui présage que cette situation résultera en « plus de bureaucratie et aucune économie à l'horizon ».

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