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Selon David Petraeus, l'Occident n'a pas fini de combattre l'État islamique

19/11/2014 04:12 EST | Actualisé 19/01/2015 05:12 EST

OTTAWA - Le général américain à la retraite David Petraeus, qui a été l'architecte de la percée américaine en sol irakien en 2007, a soutenu que la coalition menée par les États-Unis, qui inclut des avions de combat canadiens, est parvenue à freiner l'élan du groupe armé État islamique (ÉI).

M. Petraeus a exposé son opinion, mercredi, à Ottawa, où il se trouvait pour discuter des conclusions d'un rapport qu'il a coécrit pour un groupe de réflexion américain et qui porte sur les rapports entre le Canada, les États-Unis et le Mexique.

M. Petraeus s'est dit optimiste en raison des récents gains militaires réalisés par les troupes terrestres irakiennes dans le nord de l'Irak et près de Bagdad.

L'armée irakienne et la police, avec l'aide de milices chiites et sunnites, «ont non seulement freiné le groupe État islamique mais ont renversé leurs gains», a dit le général à la retraite.

«Néanmoins, cela se déclinera sur des mois, et plus probablement des années, a-t-il ajouté. Ce ne sera pas rapide. Mais je crois que l'élan du groupe État islamique a été arrêté, en grande partie, et que le début d'un processus graduel de reprise de secteurs contrôlés par l'ÉI a débuté.»

S'adressant à un petit groupe de journalistes, M. Petraeus a dit juger improbable que les troupes terrestres américaines — ou celles de partenaires de la coalition comme le Canada — soient requises.

«Les forces de combat au sol doivent être irakiennes. Et diverses initiatives politiques qui soutiennent cela, incluant la réconciliation politique entre Bagdad et les communautés arabes sunnites de l'Irak ayant été réprimées sous le premier ministre précédent, ces actions doivent aussi être irakiennes», a-t-il fait valoir.

Également mercredi, sur le terrain, les avions de combat canadiens ont frappé une cible du groupe armé État islamique dans le nord de l'Irak. Ils avaient mené une opération similaire la veille.

Le ministre de la Défense, Rob Nicholson, a révélé que deux CF-18 avaient mené une opération planifiée, tôt mercredi, sur un poste de combat des extrémistes situé près de Kirkouk, à environ 280 kilomètres au nord de Bagdad. Les avions ont largué deux bombes de 907 kilos sur ce qui semblait être des positions fortifiées.

Un responsable de la défense canadienne a affirmé qu'il n'y avait pas eu de morts civils, mais il n'a pas voulu dire combien d'extrémistes ont pu être tués.

Au même moment, d'autres alliés, dont la France, menaient aussi des opérations aériennes, visant à prêter main-forte aux combattants kurdes près de la ville pétrolière de Kirkouk, contrôlée par les rebelles.

Le groupe armé État islamique a pris le contrôle de la plus grande partie de la région, plus tôt cette année.

M. Nicholson a affirmé, mercredi, à la Chambre des communes, que la campagne aérienne avait écorché significativement les capacités de l'ÉI, financées par la prise de contrôle de champs pétrolifères.

«Depuis le début de la campagne aérienne, la capacité de raffinage de l'ÉI a été réduite de 11 000 barils par jour», a soutenu le ministre.

Néanmoins, M. Petraeus a affirmé que les gains précédents de l'ÉI n'avaient pas eu d'«impact appréciable sur les marchés mondiaux de l'énergie».

Le nouveau rapport, dont il a fait état à Ottawa, plaide pour une stratégie énergétique coordonnée aux États-Unis, au Canada et au Mexique.

Le général à la retraite a mentionné que le continent nord-américain semble en voie de devenir autosuffisant au plan énergétique, ce qui pourrait avoir d'énormes répercussions géopolitiques, selon lui.

David Petraeus est désormais le président d'une firme majeure d'investissement.

Par le passé, il a déjà été le directeur de l'Agence centrale du renseignement des États-Unis, qui est mieux connue sous son acronyme anglais de CIA.

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