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Hong Kong: des manifestants masqués s'attaquent au parlement (PHOTOS)

19/11/2014 06:50 EST | Actualisé 19/11/2014 06:50 EST
ASSOCIATED PRESS
Pro-democracy protesters confront police officers outside the Legislative Council in Hong Kong early Wednesday, Nov. 19, 2014. Hundreds of riot police and geared-up protesters faced off each other after a handful of protesters broke several glass doors of the Legislative Council in an attempt to enter the building early Wednesday, following the execution of a court order to remove some roadblocks nearby that were part of a pro-democracy occupation campaign. (AP Photo/Kin Cheung)

Des heurts ont opposé des policiers à des manifestants prodémocratie mercredi à Hong Kong alors qu'un petit groupe de protestataires masqués tentait de faire irruption dans le Conseil législatif de l'ancienne colonie britannique, dont ils ont saccagé une porte.

Une centaine de policiers ont fait usage de leurs bâtons et de gaz au poivre en tentant de repousser des centaines de manifestants aux premières heures mercredi. Selon la police, six personnes ont été interpellées et trois policiers blessés lors de ces incidents, condamnés par le gouvernement local et largement évoqués par la presse du continent.

Ces heurts sont survenus quelques heures après le démantèlement sans encombres de barricades par les autorités, à la suite d'une première décision de justice visant à réduire l'étendue des sites occupés depuis près de huit semaines par les manifestants. Ces derniers réclament l'instauration d'un véritable suffrage universel dans le territoire sous tutelle chinoise.

Manifestation à Hong Kong (18 et 19 novembre 2014)


Les échauffourées ont éclaté lorsqu'une dizaine de personnes masquées ont défoncé une porte d'entrée en verre du Conseil législatif en se servant d'une barricade comme d'un bélier. Un député présent a tenté en vain de les en empêcher. Au moins un manifestant a réussi à pénétrer dans le bâtiment avant d'en être expulsé, selon le quotidien Apple Daily.

Une séance parlementaire prévue mercredi a été annulée, de même que les visites du public, selon le gouvernement local.

Les leaders étudiants, fer de lance du mouvement largement pacifique, ont appelé leurs troupes à rester non violentes. "Nous n'aimons pas voir ce type de chose", a déclaré Lester Shum de la Fédération des étudiants de Hong Kong. "Nous appelons tous les occupants à adhérer fermement aux principes de non-violence et à être des participants responsables de la révolution des parapluies", a-t-il déclaré.

Mais il semble qu'une petite fraction des protestataires ne soient pas d'accord. "Nous devons tous occuper le siège du gouvernement et le Conseil législatif", déclarait un manifestant. "On n'a rien obtenu", disait une autre. "Rester assis là n'est pas la solution".

Les manifestants sont descendus dans les rues par dizaines de milliers depuis le 28 septembre. Leur nombre s'est considérablement réduit depuis mais ils occupent toujours trois sites dans l'ancienne colonie britannique, perturbant sérieusement les transports publics et l'activité économique.

Différents propriétaires ou transporteurs cherchent à obtenir ou ont obtenu des tribunaux des ordonnances de dispersion de certaines rues occupées, comme à Admiralty, près du pouvoir ou à Mongkok, dans la partie continentale de Hong Kong.

A Admiralty, des huissiers de justice ont fait démanteler mardi des barricades érigées autour de la Citic Tower, un gratte-ciel de bureaux. La publication par la presse locale d'une ordonnance d'expulsion concernant une partie du site de Mongkok ouvre désormais la voie à une opération similaire.

Territoire chinois bénéficiant d'une large autonomie, l'ancienne colonie britannique connaît sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à Pékin en 1997.

Pékin a approuvé le principe "une voix, un vote" mais réservé à un comité de grands électeurs majoritairement favorable au Parti communiste chinois le soin de présélectionner les candidats, conditions jugées inacceptables par le mouvement.