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L'ONU demande au monde de lutter contre l'État islamique

19/11/2014 08:23 EST | Actualisé 19/01/2015 05:12 EST

NEW YORK, États-Unis - Le Conseil de sécurité des Nations unies a demandé mercredi aux pays du monde de priver le groupe armé État islamique et d'autres organisations extrémistes de leurs sources de financement et d'hommes en luttant contre le commerce illicite du pétrole, en refusant de verser des rançons et en resserrant les vérifications de sécurité.

Le conseil a pris position après la publication d'un nouveau rapport de l'ONU qui estime que le groupe État islamique retire jusqu'à 1,6 million $ US par jour du commerce du pétrole et qu'il a récolté, depuis un an, entre 35 et 45 millions $ US en rançons.

Le rapport recommande l'adoption de nouvelles sanctions, tout en prévenant que cela ne sera pas suffisant pour combattre la menace mondiale du terrorisme.

Les membres du Conseil de sécurité se sont inquiétés que les nouveaux djihadistes soient plus jeunes, plus cosmopolites et plus confortables avec les médias sociaux, ce qui leur a permis de recruter 15 000 combattants étrangers dans 80 pays. L'ambassadeur européen Gary Quinlan a prévenu que plusieurs ont des passeports européens.

Les membres du Conseil ont ajouté qu'il faut faire plus pour combattre le message des djihadistes et changer les conditions — économiques ou autres — qui rendent ce discours attrayant.

«Nous avons vu les limites d'une approche strictement militaire à ces problèmes», a dit le secrétaire-général des Nations unies, Ban Ki-moon.

L'ambassadeure lituanienne Raimonda Murmokaite a pointé du doigt plusieurs failles «importantes» dans les contrôles frontaliers ou autres, et qui pourraient être refermées pour empêcher les ressortissants d'aller combattre à l'étranger.

Par ailleurs, un deuxième militant français a été identifié dans une vidéo du groupe armé État islamique qui montre la décapitation d'un travailleur humanitaire américain et la mort de plusieurs soldats syriens, a annoncé mercredi le président français.

S'exprimant depuis Canberra, en Australie, François Hollande a appelé à la vigilance contre l'endoctrinement des jeunes.

Un premier militant français — Maxime Hauchard, 22 ans — avait précédemment été identifié dans ces images. M. Hollande a ajouté que le rôle exact des deux hommes reste à déterminer.

Une représentante du bureau du procureur de Paris, Agnès Thibault-Lecuivre, a dit que le deuxième militant est fort probablement Michael Dos Santos, un résidant de la banlieue de Paris lui aussi âgé de 22 ans. Dos Santos, comme Hauchard, aurait quitté pour la Syrie en août 2013. Il compte parmi les individus armés de couteaux vus dans la vidéo.

Des djihadistes européens jouent un rôle de plus en plus important dans la propagande du groupe État islamique. Des centaines de Français ont déjà rejoint ses rangs et un millier d'autres sont sous surveillance, ont indiqué des responsables plus tôt cette semaine.

Les dirigeants occidentaux craignent que des djihadistes munis d'un passeport européen ne reviennent de la zone de guerre après avoir acquis des connaissances dangereuses. Leur passeport leur permettrait de se rendre dans une vingtaine de pays sans être inquiétés.

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