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Le nombre de commissions scolaires doit passer de 72 à 46, confirme Bolduc

19/11/2014 11:01 EST | Actualisé 19/01/2015 05:12 EST

QUÉBEC - Avec des regroupements et des fusions, Québec espère réduire le nombre de commissions scolaires de 72 à 46, ont confirmé mercredi les dirigeants du monde scolaire.

Le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, a fait part de ses intentions lors d'une rencontre avec la présidente de la Fédération des commissions scolaires (FCSQ), Josée Bouchard et son homologue de l'Association des commissions scolaires anglophones du Québec, David Daoust.

La nouvelle carte proposée par le ministre comporterait 36 commissions scolaires francophones, 7 anglophones — plutôt que neuf comme c'est le cas actuellement — et trois à statut particulier, c'est-à-dire celles des Cris et des Inuits et celle de la Basse-Côte-Nord. La réorganisation se fera à grande échelle, si bien qu'à peu près toutes les commissions scolaires du Québec seront affectées par le redécoupage territorial.

La présidente de la FCSQ n'a pas voulu prendre position à l'issue de l'entretien de deux heures avec le ministre, préférant consulter auparavant les membres de la fédération réunis jeudi en conseil général. Elle a cependant affiché un certain scepticisme quant aux économies que pourraient générer ces fusions.

«Il y a peut-être des économies à faire, on est en accord avec une discussion sur des regroupements de services et peut-être de territoires mais avec une analyse, avec une démonstration», a dit Mme Bouchard.

Or, le ministre n'a pas fait ce travail nécessaire de démonstration, ont opiné Mme Bouchard et M. Daoust.

«On n'a pas eu de réponse à nos questions. D'abord est-ce qu'il est capable de chiffrer les économies générées par d'éventuelles fusions? Quelle est la plus-value pour les élèves avec ces fusions, est-ce qu'on va conserver la proximité des services? Et on n'a pas eu de réponse concernant la gouvernance, la décentralisation, ce sont des réponses qui semble-t-il viendront après les Fêtes», a précisé Mme Bouchard.

De son côté, le président du réseau anglophone s'est aussi inquiété pour le sort des nombreux commissaires qui ont été élus, le 2 novembre.

«On a des élus récents, qu'est-ce qu'on peut leur dire? Ils viennent d'être élus et presque le lendemain, on parle de restructurer les commissions scolaires, changer tous les territoires. Ils s'inquiètent comme moi de leur avenir», a soulevé M. Daoust.

M. Bolduc ne s'est pas adressé aux médias au terme de la rencontre mais selon Mme Bouchard, il a assuré le monde scolaire que tout était «négociable» et qu'il était disposé à discuter avec les commissions scolaires.

Le ministre n'a jamais fait de mystère de sa volonté de fusionner des commissions scolaires par souci d'économie.

À l'Assemblée nationale, mercredi, il a réitéré sa volonté de revoir la gouvernance de ce palier de gouvernement, de fusionner un certain nombre d'entre elles et d'allouer plus de pouvoirs aux écoles.

«On veut optimiser le réseau en faisant des fusions, et en même temps, on veut qu'il y ait plus de pouvoirs au niveau de l'école. Quoi demander de plus?», a lancé le ministre en chambre en réponse à une question de l'opposition caquiste.

M. Bolduc n'a pas mentionné pendant sa rencontre avec les dirigeants s'il entendait abolir les élections scolaires, dont le taux de participation au scrutin du 2 novembre a été inférieur à 5 pour cent, en baisse de deux points par rapport à l'élection de 2007.

Le projet de loi sur la vaste réforme de l'organisation scolaire sera déposé après les Fêtes, à la reprise des travaux parlementaires.

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