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Israël détruit la maison d'un militant palestinien responsable d'une attaque

19/11/2014 07:54 EST | Actualisé 19/01/2015 05:12 EST

JÉRUSALEM - Les forces israéliennes ont démoli mercredi, à Jérusalem-Est, la maison d'un militant palestinien responsable d'une attaque meurtrière commise en octobre.

Le premier ministre Benjamin Nétanyahou avait promis, quelques heures plus tôt, d'adopter des mesures sévères pour contrer la vague de violence qui défèrle sur la région.

L'opération menée dans le quartier de Silwan ciblait la résidence d'Abdel Rahman al-Shaludi, qui a tué deux personnes le mois dernier en fonçant sur une foule avec sa voiture.

Au cours des dernières semaines, ce sont 11 personnes qui sont mortes aux mains d'agresseurs palestiniens — surtout à Jérusalem, mais aussi à Tel Avis et en Cisjordanie.

Les victimes incluent quatre Juifs et un policier qui ont été tués mardi, quand deux cousins armés de couperets à viande et d'une arme à feu ont attaqué les fidèles à l'intérieur d'une synagogue. Les deux assaillants ont ensuite été abattus par la police.

Cette attaque, la plus sanglante perpétrée à Jérusalem depuis 2008, a eu pour effet d'aviver encore davantage les tensions dans la ville, après des semaines de violences religieuses.

En réponse à l'attaque de mardi, M. Nétanyahou a dit avoir ordonnée aux forces de sécurité de répliquer durement aux Palestiniens qui commettent des actes de violence contre les Israéliens. Il a notamment repris les destructions punitives de résidences, une mesure qui avait suscité la controverse dans le passé.

«Nous n'avons rien contre les résidants de Jérusalem-Est, mais nous ne tolérerons pas d'attaques contre nos citoyens, a dit le premier ministre israélien mercredi, selon un communiqué publié par son bureau. Nous rétablirons la sécurité à Jérusalem avec une main ferme et déterminée.»

Dans les décombres de la maison démolie mercredi, la grand-mère d'al-Shaludi a dit être fière de ce qu'il a fait.

«Que personne ne nous prenne en pitié, nous, pour notre maison démolie», a dit la femme, qui a refusé de donner son nom complet par craintes de représailles.

Les récentes violences découlent de tensions autour d'un site appelé Mont du Temple par les Juifs. Il s'agit du site le plus sacré du judaïsme et du troisième lieu saint de l'Islam.

Le pape François a condamné l'attaque «inacceptable» contre la synagogue et a demandé aux Israéliens et aux Palestiniens de faire preuve de «courage» pour rétablir la paix. Il s'est dit grandement préoccupé par la «hausse alarmante des tensions» en Terre sainte.

Des représentants des clergés chrétien, judaïque et musulman se sont rassemblés mercredi près de la synagogue où a eu lieu l'attaque. Les dirigeants musulmans de Jérusalem et les principaux rabbins israéliens n'ont toutefois pas participé à la rencontre.

«Les membres de toutes les religions présentes ici, en Terre sainte, souhaitent exprimer leur croyance commune que ce n'est pas la bonne voie, a dit le rabbin Michael Melchior, un ancien parlementaire israélien très actif dans les initiatives inter-religion. Nous pouvons avoir nos différences, nos différences politiques, nos différences religieuses, mais pas de cette manière.»

Il était accompagné du patriarche orthodoxe grec Théofilis III de Jérusalem, du patriarche latin Fouad Toual et du cheik Samir Assi, l'imam de la mosquée Al-Jazaar de la ville d'Acre, dans le nord d'Israël.

«Nous sommes venus ici pour dénoncer cet acte criminel, qui a violé le caractère sacré d'une maison de Dieu et de fidèles sans défense», a dit ce dernier.

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