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Couillard est «viscéralement» incapable de défendre notre identité, dit Legault

19/11/2014 05:40 EST | Actualisé 19/01/2015 05:12 EST

QUÉBEC - Le premier ministre Philippe Couillard semble éprouver un malaise quand vient le temps de défendre l'identité québécoise, selon les deux principaux partis de l'opposition.

Qu'il s'agisse de la promotion de la langue française, du caractère neutre de l'État sur le plan religieux ou du nationalisme québécois, M. Couillard paraît indifférent, selon le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, et le chef de l'opposition officielle péquiste, Stéphane Bédard.

Mercredi, le chef de la CAQ est revenu à la charge pour rappeler au premier ministre son engagement électoral de faire adopter rapidement après son élection un projet de loi proclamant la neutralité religieuse de l'État et définissant des balises aux demandes d'accommodement religieux.

Le 26 octobre, La Presse Canadienne rapportait que le gouvernement avait reporté au printemps prochain le dépôt d'un projet de loi sur ce sujet délicat et révélait qu'aucune action n'avait été entreprise pour lutter contre l'intégrisme religieux, malgré les promesses électorales d'agir rapidement, dès la prise du pouvoir.

Le chef du gouvernement a justifié le délai supplémentaire en rappelant les récents attentats survenus à Saint-Jean-sur-Richelieu et Ottawa.

La communauté musulmane s'est sentie stigmatisée et il est donc «préférable de ne pas ajouter à ça pour l'instant», a-t-il fait valoir.

Cela n'a pas convaincu François Legault. Philippe Couillard a un problème viscéral, personnel, avec la promotion de la différence québécoise, selon lui.

En Chambre, mercredi, le chef caquiste a demandé au premier ministre s'il était prêt à interdire aux personnes en autorité, comme les policiers, juges et agents de la paix, de porter des signes religieux.

M. Couillard s'est aussitôt livré à un vibrant plaidoyer en faveur de la liberté religieuse et des droits individuels.

«Je vais le dire avec force tous les jours, s'il le faut. Je suis là pour défendre les libertés des Québécois et des Québécoises de toutes les origines et je dis non à l'exclusion et non à la discrimination», a soutenu M. Couillard, rejetant l'idée d'interdire les signes religieux à qui que ce soit.

Ce refus systématique est suspect, selon le chef de la CAQ. «Sur les signes religieux, il semble avoir quelque chose de viscéral. Je n'ai jamais vu M. Couillard aussi fâché que ce matin. Il était tout rouge. Comme si défendre notre identité, défendre nos valeurs, interdire des signes religieux, ça allait viscéralement contre ce qu'il est», a commenté M. Legault, en point de presse.

Il en conclut que M. Couillard «a vraiment un malaise à défendre l'identité québécoise. Il n'a aucune sensibilité de ce côté-là», selon lui.

Cette position du premier ministre Couillard, a-t-il ajouté, marque une rupture avec les prises de position de ses prédécesseurs, les premiers ministres Jean Lesage, Robert Bourassa et Jean Charest, qui chacun à leur façon ont défendu le caractère distinct du Québec.

Le chef de l'opposition officielle, Stéphane Bédard, a renchéri en affirmant que «le premier ministre est très mal à l'aise avec les questions identitaires».

Il est d'avis que M. Couillard a «déraillé littéralement» mercredi en abordant le sujet en Chambre.

Le premier ministre du Québec «semble plus animé par l'identité canadienne que l'identité québécoise», selon lui.

À propos de la promotion de la langue française, «pour M. Couillard ça ne semble pas important», au Québec comme à l'étranger, a déploré de son côté François Legault.

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