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Sears Canada connaît de nouveaux revers et creuse sa perte au 3e trimestre

18/11/2014 07:33 EST | Actualisé 18/01/2015 05:12 EST

TORONTO - Les efforts de redressement entrepris par la chaîne de grands magasins Sears Canada (TSX:SCC) ont connu de nouvelles difficultés au troisième trimestre, qui s'est soldé par une perte plus de deux fois plus importante que celle de la même période l'an dernier.

Après avoir éliminé grand nombre d'emplois et fermé de nombreux magasins, le détaillant a affiché une perte nette de 118,7 millions $, ce qu'il a notamment attribué à un recul de 15 pour cent de ses revenus.

La perte par action s'est établie à 1,16 $ pour la période de 13 semaines ayant pris fin le 1er novembre, ce qui se compare à une perte de 48,8 millions $, ou 48 cents par action, pour le même trimestre l'an dernier.

Les revenus ont diminué à 834,5 millions $, par rapport à un chiffre d'affaires de 982,3 millions $ un an plus tôt, en partie en raison des fermetures de magasins. Les ventes des établissements ouverts depuis au moins un an ont pour leur part diminué de 9,5 pour cent.

Sears Canada tente depuis plusieurs années d'améliorer sa situation financière, sous la gouverne de nombreux dirigeants, mais les résultats se font minces.

Le rapport trimestriel dévoilé mardi était le premier depuis l'arrivée, le mois dernier, de Ronald Boire dans la chaise du chef de la direction. M. Boire remplace Douglas Campbell, qui a quitté son poste pour retourner aux États-Unis en raison ce que la compagnie a appelé des «problèmes personnels familiaux».

M. Boire a qualifié les résultats de décevants, mais il estime que l'équipe de gestion est déterminée à solidifier sa relation avec les consommateurs «en offrant d'excellents produits à la mode de qualité à des prix abordables».

«La société a réussi à bien gérer les dépenses à ce jour et à maintenir un solide bilan, et nous nous concentrons maintenant sur la croissance de notre revenu afin que nos ventes correspondent au niveau élevé de fidélité et de soutien que les Canadiens démontrent pour la marque Sears», a poursuivi M. Boire dans un communiqué.

Un des aspects positifs du plus récent trimestre se trouvait dans le fait que les coûts liés aux efforts de «transformation» étaient plus faibles, n'atteignant que 4 millions $, comparativement à 20,2 millions $ au troisième trimestre de 2013.

Sears Canada a annoncé plus tôt cette année qu'il supprimerait 2200 emplois en plus des milliers déjà éliminés l'an dernier. La société a aussi vendu les baux de certains de ses magasins les plus emblématiques, incluant celui du Eaton Centre de Toronto, dans le but de réduire ses coûts.

Par ailleurs, la société a indiqué lundi qu'elle mettrait un terme à son partenariat d'émission de cartes de crédit avec la banque américaine JPMorgan Chase lorsqu'il viendra à échéance en novembre prochain.

Sears Canada avait vendu ses activités de crédit et de services financiers à JPMorgan en 2005 pour environ 2,2 milliards $, ce qui était assorti d'une entente de 10 ans de service et de marketing entre les deux entreprises. En vertu de cet accord, JPMorgan continuera de gérer le secteur des cartes de crédit Sears et Sears Mastercard au moins jusqu'au 15 novembre 2105.

«Dans certaines circonstances», la banque américaine pourrait verser jusqu'à 174 millions $ à Sears Canada en lien avec la fin de l'entente.

M. Boire travaillait précédemment pour la société mère Sears Holdings. Son arrivée survient alors que les activités canadiennes se concentrent sur les magasins à l'extérieur des grandes villes, dans l'espoir de ravir certains consommateurs des mains des concurrents Walmart et Target.

Avant de se joindre à Sears Holdings, où il était chef du marchandisage et président de Sears et Kmart, M. Boire a occupé divers postes de direction dans le secteur du commerce de détail. Il a notamment été président et chef de la direction du détaillant Brookstone et président de la division nord-américaine de Toys R Us.

Lors d'un entretien avec La Presse Canadienne la semaine dernière, M. Boire a indiqué qu'il allait passer au peigne fin chaque secteur de l'entreprise pour s'éloigner des produits qui ne se vendent plus aussi bien qu'avant, comme les téléviseurs et les autres gros appareils électroniques.

L'action de Sears Canada cédait mardi après-midi 26 cents à la Bourse de Toronto, où elle s'échangeait à 10,73 $. Cela représente un déclin d'environ 35 pour cent par rapport au même moment l'an dernier.

La majorité des actions de Sears Canada appartiennent directement ou indirectement à l'homme d'affaires Edward Lampert. La semaine dernière, M. Lampert et ESL Partners ont indiqué qu'ils détenaient, avec des entités affiliées, 49,5 pour cent des actions en circulation de la société canadienne. M. Lampert contrôle aussi indirectement Sears Holdings, qui a récemment réduit sa participation dans Sears Canada à environ 17 pour cent.

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