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Québec est à revoir le financement public de l'industrie touristique

18/11/2014 05:11 EST | Actualisé 18/01/2015 05:12 EST

QUÉBEC - Le grand ménage orchestré par le gouvernement Couillard va inclure la remise en question du financement public versé à l'industrie touristique.

Québec est à revoir le «modèle d'affaires» privilégié par les associations touristiques régionales (ATR), a indiqué la ministre du Tourisme, Dominique Vien, mardi, en Chambre.

Elle n'a cependant pas dit dans quelle mesure cette révision du modèle d'affaires allait entraîner une contraction du financement public accordé à cette industrie dans son ensemble, et mener à un désengagement de l'État.

La ministre s'est prononcée sur le sujet durant la période des questions, en réponse à l'inquiétude manifestée par la députée caquiste de Saint-Hyacinthe, Chantal Soucy, qui se demandait pourquoi la ministre n'était pas intervenue pour forcer Tourisme Montréal à réclamer à l'ancien patron de l'organisme, Charles Lapointe, la prime de départ de 654 000 $ reçue en 2013.

La Presse Canadienne révélait dimanche que Tourisme Montréal avait renoncé à entamer des poursuites judiciaires en vue de récupérer cette somme. Dans un rapport dévastateur, le vérificateur général avait documenté l'an dernier le laxisme de la gouvernance à Tourisme Montréal, et les nombreux privilèges financiers extravagants auxquels M. Lapointe avait eu droit, dont une prime de départ de 654 000 $.

Organisme à but non lucratif, Tourisme Montréal est financé à 75 pour cent par des fonds publics, d'où l'intérêt des parlementaires de demander des comptes à la ministre.

«Nous allons revoir le modèle d'affaires en tourisme, a promis Mme Vien. C'est nous qui allons mettre de l'ordre dans ce secteur.»

Mme Vien a cependant glissé sur la question spécifique du manque de contrôle gouvernemental exercé dans le passé envers cet organisme financé par l'État.

La leader de l'opposition officielle, Agnès Maltais, en a rajouté en jugeant que la ministre Vien était en train «de consacrer l'impunité libérale». «Qu'on rembourse!», a-t-elle lancé.

«Il y a d'abord le ministre de l'Éducation (Yves Bolduc), qui a conservé sa prime de 215 000 $, ensuite il y a (l'ex-présidente du Tribunal administratif) Hélène De Kovachich, à qui la ministre de la Justice ne demande pas de rembourser le 213 000 $ de frais d'avocats personnels (...), ensuite l'ex-PDG de Tourisme Montréal, Charles Lapointe, qui a reçu plus de 600 000 $ en prime de départ alors qu'il s'était servi grassement dans son compte de dépenses financé par qui? Par les contribuables québécois!», a-t-elle dénoncé.

La ministre a dit qu'elle était «tournée vers l'avenir», estimant qu'il aurait été «périlleux et infructueux» de tenter de récupérer la somme versée à M. Lapointe.

Elle juge nécessaire de revoir «le modèle d'affaires de tout le secteur touristique au Québec. Il y a des questions sérieuses qu'on doit se poser».

La ministre n'a pas caché que l'importance du financement public versé aux ATR faisait partie de sa réflexion.

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