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Keystone XL: le Sénat américain rejette de peu l'approbation accélérée

18/11/2014 11:57 EST | Actualisé 18/01/2015 05:12 EST

WASHINGTON - Le Sénat américain a rejeté une proposition visant à accélérer l'approbation du controversé projet d'oléoduc Keystone XL.

Les partisans du projet devaient obtenir au moins 60 votes pour que le projet de loi soit approuvé, et ils ont échoué de peu avec un résultat de 59-41, mardi en début de soirée.

Cependant, même si le projet de loi avait passé l'étape du Sénat, il aurait sans doute été bloqué par le président Barack Obama lui-même, qui avait fortement laissé entendre qu'il utiliserait son droit de veto.

La semaine dernière, le président Obama a laissé entendre que le projet Keystone XL aurait un impact négligeable sur l'économie américaine, ce qu'a nié TransCanada, l'entreprise derrière le projet, et le gouvernement canadien.

Mardi, le ministre canadien des Ressources naturelles, Greg Rickford, a affirmé le contraire en exprimant sa déception quant au résultat du vote.

«Ce projet créera des emplois, la prospérité économique à long terme, la sécurité énergétique et une intendance environnementale des deux côtés de notre frontière commune», a-t-il dit dans une déclaration.

«Keystone XL a le soutien du public et le département d'État américain a, à plusieurs reprises, admis qu'il sera sécuritaire pour l'environnement.»

M. Rickford a ajouté que le département d'État avait déjà conclu que le projet ne provoquerait pas plus d'extraction dans les sables bitumineux de l'Alberta, et qu'il remplacerait des sources «non sécuritaires» de pétrole brut par «un approvisionnement sécuritaire et fiable du Canada, du Dakota du Nord et du Montana».

TransCanada soutient pour sa part que Keystone XL créerait des dizaines de milliers d'emplois en construction aux États-Unis.

Un opposant des premières heures du projet Keystone XL, Greenpeance Canada, a salué le Sénat «pour avoir donné raison à la science et dit non à ce projet de pipeline de sables bitumineux qui engendrerait l’émission de plus de 24 millions de tonnes de GES par année en plus de menacer les communautés et leur eau potable», a indiqué par voie de communiqué le responsable de la campagne Climat-Énergie, Patrick Bonin.

«Le premier ministre Harper devrait reconnaître les signaux d’alarme et rattraper son retard sur le reste du monde qui a déjà pris des mesures pour répondre à la crise climatique», a-t-il ajouté.

Le projet avait été approuvé pour une neuvième fois, la semaine dernière, par la Chambre des représentants dominée par les républicains. Le test du Sénat, toujours sous contrôle démocrate jusqu'au début de la nouvelle session l'an prochain, allait cependant être plus difficile à passer.

Le projet Keystone XL transporterait le pétrole des sables bitumineux de l'Alberta jusqu'au golfe du Mexique. La question de son approbation devrait maintenant refaire surface au cours de la prochaine année, alors que les républicains, pro-Keystone, reprendront le contrôle du Sénat.

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