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Deux assaillants tuent cinq personnes dans une synagogue de Jérusalem

18/11/2014 05:37 EST | Actualisé 18/01/2015 05:12 EST

JÉRUSALEM - Deux cousins palestiniens armés de couperets à viande et d'une arme à feu ont attaqué une synagogue de Jérusalem au moment des prières du matin, mardi, faisant cinq morts.

Les deux assaillants ont ensuite été abattus par les forces de l'ordre. Il s'agit de l'attaque la plus sanglante perpétrée à Jérusalem depuis plusieurs années. L'attaque vient accentuer les craintes de violence dans une ville où les tensions sont déjà vives en raison d'un conflit autour de son lieu le plus sacré.

La police a précisé que les fidèles tués sont trois Américains et un Britannique, et que tous étaient des rabins qui détenaient la double nationalité israélienne. Un policier est également mort de ses blessures, quelques heures après l'incident. L'attaque s'est produite à Har Nof, un quartier juif ultra-orthodoxe où on retrouve plusieurs immigrants anglophones.

Le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou a promis de «répondre durement» à cet attentat, décrivant l'attaque comme «le meurtre cruel de Juifs venus prier et qui ont été tués par des assassins méprisables». Il a plus tard ordonné la destruction des demeures des deux attaquants et des auteurs d'autres attentats.

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a lui aussi condamné l'attaque, sa première prise de position du genre en dépit d'une hausse récente des attentats violents contre les Israéliens. Il a ensuite réclamé qu'Israël cesse ses provocations dans un secteur sacré de la ville.

Une personne ayant la double citoyenneté canado-israélienne a été blessée lors de l'attaque, a indiqué le porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères, François Lasalle, sans toutefois fournir plus de détails.

Sur Twitter, le premier ministre canadien Stephen Harper a lancé que le «Canada dénonce l'acte de terreur barbare contre une synagogue dans l'ouest de Jérusalem. Nos pensées et nos prières vont au peuple d'Israël.»

Le secrétaire d'État américain, John Kerry, dit s'être entretenu avec M. Nétanyahou après l'attaque, qu'il a qualifiée de «geste de pure terreur, de brutalité insensée et de violence».

Il s'agit de la pire attaque à survenir à Jérusalem depuis qu'un Palestinien a assassiné huit étudiants d'un séminaire juif en mars 2008.

Une porte-parole de la police, Luba Samri, a identifié les agresseurs comme étant les cousins Ghassan et Oday Abou Jamal, du quartier de Jabal Moukaber, dans la partie orientale de Jérusalem. Ce secteur a été capturé par Israël en 1967 mais est revendiqué comme capitale par les Palestiniens.

Le Front populaire de libération de la Palestine, un petit groupe militant, dit que les cousins comptent parmi ses membres, mais il n'a pas précisé s'il avait ordonné l'attaque.

L'attentat a été salué par le groupe Hamas, qui contrôle la bande de Gaza. Plusieurs célébrations ont d'ailleurs éclaté dans les rues du territoire.

Un porte-parole de la police israélienne, Micky Rosenfeld, a dit que six personnes ont été blessées lors de l'attaque, dont deux policiers. Quatre victimes auraient été touchées plus grièvement.

Des images de l'Associated Press montraient des ambulanciers se portant au secours de fidèles blessés et un couperet à viande ensanglanté sur le sol. Les policiers avaient tout d'abord dit que les fidèles avaient été attaqués avec des couteaux et des haches.

Des images diffusées par le gouvernement israélien montraient des livres de prières imbibés de sang et des châles de prière jetés au sol. Un photo reprise par les médias israéliens fait voir un corps allongé sur le sol, recouvert d'un châle.

Des affrontements ont éclaté à l'extérieur de la résidence des assaillants peu de temps après l'attaque, où s'étaient rassemblés des dizaines de policiers. Des résidants ont lancé des pierres à la police, qui a répliqué avec les moyens habituels.

Des résidants du quartier ont révélé, sous le couvert de l'anonymat, que 14 membres de la famille Abou Jamal ont été arrêtés.

Des attaques perpétrées par des Palestiniens contre des Israéliens à Jérusalem, en Cisjordanie et à Tel Aviv avaient fait six morts au cours des dernières semaines, avant l'agression de mardi.

Le chef de la police israélienne a dit croire que l'attaque de mardi n'est pas l'oeuvre d'un groupe militant, ce qui complique la tâche des forces de l'ordre quand vient le temps de prévenir de nouveaux incidents.

Les récentes violences découlent de tensions autour d'un site appelé Mont du Temple par les Juifs. Il s'agit du site le plus sacré du judaïsme et du troisième lieu saint de l'Islam.

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