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L'Ebola a tué lundi un sixième médecin ayant pratiqué en Sierra Leone

17/11/2014 10:25 EST | Actualisé 17/01/2015 05:12 EST

OMAHA, États-Unis - Un chirurgien ayant contracté l'Ebola alors qu'il travaillait dans son pays d'origine, la Sierra Leone, est mort lundi alors qu'il était traité dans une unité de confinement d'un hôpital américain, selon les responsables de l'établissement.

D'après un communiqué du Centre médical du Nebraska, le docteur Martin Salia s'est éteint après avoir été infecté par le virus.

Le porte-parole de l'institution, Taylor Wilson, a précisé que ce professionnel de la santé a rendu l'âme peu après 4 h.

Le directeur médical de l'unité de confinement, le docteur Phil Smith, a expliqué que l'état du patient était «extrêmement critique à son arrivée».

Il a ajouté que malgré tous les efforts déployés pour le soigner, il a été impossible de lui sauver la vie.

Martin Salia a été conduit à l'hôpital situé à Omaha samedi, un établissement où deux autres malades atteints de l'Ebola avaient déjà pu être guéris.

Il présentait des symptômes sévères, incluant des difficultés respiratoires et rénales.

Il a subi une dialyse, a été placé sous respirateur artificiel et a reçu de multiples médicaments pour stimuler son organisme.

Le docteur Smith a indiqué qu'aucun effort n'a été ménagé pour lui permettre de survivre.

«Nous avons utilisé tous les traitements possibles pour offrir au docteur Salia toutes les chances de s'en sortir», a-t-il déclaré.

Il a soutenu que l'expérience a permis de constater qu'il était essentiel de s'attaquer le plus tôt possible au virus pour espérer en venir à bout.

Or, dans le cas de Martin Salia, l'infection était rendue à un stade très avancé au moment où il a choisi de se faire traiter.

La femme du défunt, Isatu Salia, a souligné, lundi, que sa famille et elle-même étaient reconnaissantes des efforts déployés par l'équipe médicale pour tenter de sauver son époux.

Mme Salia a soutenu que son mari n'aurait pas pu être mieux soigné.

L'Ebola a tué plus de 5000 personnes en Afrique de l'Ouest, principalement au Libéria, en Guinée et en Sierra Leone.

Cinq autres médecins ont contracté le virus dans ce dernier pays et ils ont tous péri.

Martin Salia travaillait à l'Hôpital méthodiste de Kissy qui est situé à Freetown, la capitale de la Sierra Leone.

Il a été impossible de déterminer s'il a oeuvré auprès de patients atteints de l'Ebola puisque cet établissement ne comprend pas d'aile réservée aux malades infectés par ce virus.

Le docteur Salia a pratiqué dans au moins trois autres institutions, selon des sources du ministère de la Santé.

L'homme de 44 ans, qui était un citoyen de la Sierra Leone mais qui vivait au Maryland, a présenté des symptômes de l'Ebola pour la première fois le 6 novembre.

Cependant, il a initialement passé des tests de détection dont les résultats ont été négatifs.

Ce n'est que le 10 novembre qu'il a reçu le diagnostic tant redouté.

Isatu Salia a affirmé, dans le cadre d'une entrevue accordée durant la fin de semaine, que lorsqu'elle a conversé avec son mari, tôt vendredi, sa voix était faible et chevrotante. Il aurait, tout de même, eu suffisamment d'énergie pour lui dire, d'un ton ferme, qu'il l'aimait.

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