POLITIQUE

Hubert Lacroix, le président de Radio-Canada, maintient le cap

17/11/2014 11:08 EST | Actualisé 17/11/2014 11:08 EST
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Au lendemain de la manifestation d'appui à Radio-Canada qui a mobilisé plusieurs milliers de personnes, Hubert Lacroix remercie la population, mais maintient ses objectifs de réforme au sein du diffuseur public.

Se disant touché par ce témoignage d'amour des gens pour leur radiodiffuseur public, le président de CBC/Radio-Canada a ajouté que la société d'État avait besoin de cet appui des citoyens, alors que la direction de la société s'apprête à tenir son assemblée publique annuelle.

Hier, des milliers de personnes ont manifesté au Québec et au Nouveau-Brunswick contre le démantèlement de Radio-Canada et les compressions importantes auxquelles est astreinte la société d'État.

« Moi ce que j'ai surtout vu hier, c'est une grande manifestation d'amour pour le radiodiffuseur public. Et ça, on a besoin de ça. » — Hubert T. Lacroix, président de CBC/Radio-Canada

Manifestation pour Radio-Canada


Soulignant que le Canada est l'un des pays industrialisés qui investissent le moins per capita dans la radiodiffusion publique, soit 29 $ par année par habitant, Hubert Lacroix a expliqué en entrevue lundi matin qu'il s'agissait là d'un choix de société et qu'il n'a par conséquent pas d'autre choix que de rationaliser les opérations et de réfléchir sur « comment on se finance? » pour préserver CBC/Radio-Canada.

« Tout le monde est en train de réaliser qu'on ne consomme pas les médias de la même façon, que les financements sont de moins en moins disponibles, que les revenus publicitaires ne sont pas au rendez-vous. Alors nous partageons tous cette inquiétude. C'est pour ça qu'on a bâti un plan stratégique », insiste Hubert Lacroix.

Il s'agit d'un défi auquel sont confrontés de nombreux radiodiffuseurs publics et privés en raison d'un bouleversement dans les modes de financement et les habitudes de consommation de l'information, rappelle le président de CBC/Radio-Canada.

« Nous sommes en train de faire un virage dans un environnement très compliqué et nous ne sommes pas les seuls à faire ça », précisant que les radiodiffuseurs publics en Angleterre, en Australie et en France sont également confrontés à ce genre de problème.

« Il n'y a rien, en sept ans ici, de plus difficile que de m'installer derrière un micro et de dire à un grand nombre de radio-canadiens et de personnes qui travaillent chez nous, et qui ont la passion du radiodiffuseur public, que nous sommes obligés d'éliminer leur emploi. » — Hubert T. Lacroix, président de CBC/Radio-Canada

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Un choix de société

Hubert Lacroix assure défendre les intérêts de Radio-Canada à Ottawa

À ceux qui lui reprochent de ne pas en faire assez auprès du gouvernement de Stephen Harper pour défendre et maintenir le financement de CBC/Radio-Canada, Hubert Lacroix assure qu'il rappelle la situation régulièrement au gouvernement.

« Ce n'est pas parce que je ne déchire pas ma chemise sur la place publique qu'on n'a pas des conversations constantes sur ce concept de flexibilité financière qui est au centre de mes conversations avec Ottawa depuis que j'ai pris ce poste. » — Hubert T. Lacroix, président de CBC/Radio-Canada

M. Lacroix a déclaré qu'il avait l'intention de demeurer en poste malgré les syndicats qui réclament sa démission. Il a déclaré à l'animatrice Marie-France Bazzo que « ce n'est pas dans la tempête que le capitaine sort du bateau ».

Aux prises avec des frais d'exploitation en constante évolution et une demande qui se diversifie rapidement en raison des progrès technologiques, CBC/Radio-Canada, tout comme plusieurs radiodiffuseurs généralistes privés, réclame depuis plusieurs années des redevances sur les sommes que perçoivent les câblodistributeurs à leurs abonnés alors qu'ils obtiennent gratuitement les signaux des chaînes généralistes. Une proposition à laquelle s'oppose le CRTC.

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