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Ferguson: état d'urgence déclaré en attendant la décision du grand jury

17/11/2014 04:09 EST | Actualisé 17/01/2015 05:12 EST

JEFFERSON CITY, États-Unis - Le gouverneur du Missouri, Jay Nixon, a déclaré l'état d'urgence et fait appel à la Garde nationale en prévision de l'annonce de la décision d'un grand jury, qui doit déterminer si un policier blanc sera accusé du meurtre d'un jeune Noir de 18 ans à Ferguson, en banlieue de St. Louis.

M. Nixon a expliqué lundi que la Garde nationale apporterait son aide à la police locale et à la police d'État, si nécessaire, en cas d'émeutes à l'annonce de la décision.

Rien n'indique que l'annonce se fera de façon imminente, puisque aucune date n'a été fixée.

Cependant, le procureur du comté de St. Louis, Bob McCulloch, a dit qu'il s'attendait à ce qu'une décision soit rendue entre la mi-novembre et la fin du mois.

Le grand jury a la responsabilité d'établir s'il existe suffisamment de preuves pour porter des accusations dans ce dossier.

Il faudrait également qu'il identifie les chefs devant être retenus dans une pareille éventualité.

Si jamais le grand jury détermine qu'il y a lieu d'aller de l'avant dans cette affaire, d'autres jurés devront être sélectionnés pour décider du sort du prévenu.

Le département américain de la Justice, qui mène présentement une enquête séparée, n'a pas précisé à quel moment son travail sera terminé.

L'agent Darren Wilson pourrait être accusé en lien avec la mort du jeune Michael Brown, survenue le 9 août.

Ce dernier a été abattu alors qu'il n'était pas armé.

Sa mort est survenue au terme d'une confrontation qui a éclaté au moment où le policier lui a demandé d'arrêter de marcher au milieu de la rue en compagnie de l'un de ses amis.

Cet épisode de violence a été à l'origine de tensions raciales aiguës en banlieue de St. Louis, un endroit où la population est majoritairement composée d'Afro-Américains mais où les forces de l'ordre ne regroupent quasiment que des Blancs.

Les émeutes initiales et le pillage avaient incité les policiers à répondre de manière musclée lors des protestations subséquentes.

Pour faire face à la musique, ils avaient choisi de se présenter sur les lieux lourdement armés et de miser entre autres sur le gaz lacrymogène et les balles de caoutchouc pour disperser la foule.

Les protestataires avaient vivement réagi en lançant des pierres et des cocktails Molotov en leur direction.

Jay Nixon avait également déclaré l'état d'urgence et réclamé l'intervention de la Garde nationale à ce moment.

Il a choisi de revenir à la charge avec cette stratégie, dans le contexte actuel, pour une raison fort simple.

«Tous les gens de la région de St. Louis méritent de se sentir en sécurité dans leur communauté et de faire entendre leur voix sans craindre d'être victimes de violence ou d'intimidation», a-t-il écrit dans un communiqué.

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