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D'anciens élèves de pensionnats du Labrador poursuivent le gouvernement

17/11/2014 06:25 EST | Actualisé 17/01/2015 05:12 EST

SAINT-JEAN, - Fred Andersen et d'autres anciens élèves de pensionnats au Labrador se présenteront mardi devant un tribunal, à Saint-Jean de Terre-Neuve, afin de réclamer des excuses et des réparations du gouvernement fédéral.

Ils font partie des plus de mille plaignants inscrits dans cinq actions collectives autorisées. Ils avaient été exclus de la convention de règlement relative aux pensionnats autochtones entrés en vigueur en 2007. Le premier ministre Stephen Harper avait présenté des excuses complètes pour les mauvais traitements subis par des écoliers autochtones ayant fréquenté des pensionnats fédéraux.

Selon les avocats fédéraux, le gouvernement canadien ne peut pas être tenu responsable des événements survenus dans les pensionnats situés à Lockwood, à Yale, à Makkovik, à Nain et à St. Anthony parce que ces établissements ont ouvert leurs portes avant que Terre-Neuve-et-Labrador joigne la Confédération en 1949.

Trois des écoles étaient gérées par l'International Grenfell Association, les deux autres par les Frères moraves, une communauté établie en Allemagne.

M. Andersen, âgé de 62 ans, qui a étudié à North West River, se souvient des dortoirs bondés, des bains pris en commun et de l'absence de douches. Il raconte avoir eu de la difficulté à se familiariser avec les règles strictes, dignes d'un camp d'entraînement militaire, et la diète alimentaire si différente de celle qu'il avait connue dans son village natal. Il dit avoir été au courant des mauvais traitements dont auraient été victimes ses condisciples même s'il affirme ne pas en avoir personnellement subi.

Le gouvernement fédéral soutient que ces écoles n'étaient pas des pensionnats autochtones au sens où l'attendait la convention. Il souligne que le Canada n'a pas fondé, géré ou exploité ces établissements.

Un des avocats des plaignants, Steven Cooper, argue que le gouvernement canadien avait, après 1949, les mêmes obligations envers les élèves autochtones du Labrador que ceux du reste du pays. Selon lui, les avocats fédéraux tracent une «distinction artificielle» qui obligera d'anciens élèves, aujourd'hui âgés, à venir raconter les traitements qu'ils ont subis.

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