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Ottawa: le corps de Michael Zehaf-Bibeau toujours conservé au Bureau du coroner

15/11/2014 05:47 EST | Actualisé 15/11/2014 05:47 EST
Vancouver Police Department

Plus de trois semaines après l'attaque contre le parlement fédéral, le 22 octobre dernier, le corps de Michael Zehaf-Bibeau est toujours conservé au Bureau du coroner, à Ottawa.

CBC a appris que les procédures d'examens médicaux sur sa dépouille sont loin d'être terminées. Les responsables de l'autopsie réalisent des examens complexes sur le corps de l'homme.

Ils doivent notamment retracer la trajectoire de chacune des balles qui ont touché Michael Zehaf-Bibeau, de leurs points d'entrée à leurs sorties. Quand cela est possible, ils essayent de rattacher chaque balle à l'un des tireurs qui a fait feu ce jour-là.

Ces procédures font appel à techniques par rayon X et des méthodes traditionnelles d'autopsie.

Des tests de toxicologie sont aussi réalisés afin de déterminer si Michael Zehaf-Bibeau était sous l'influence d'une drogue quand il a abattu Nathan Cirillo au Monument commémoratif de guerre.

La coroner Louise McNaughton-Filion soutient qu'il est encore trop pour savoir quand l'ensemble de ces tests sera terminé.

Un corps encombrant

La question qui demeure en suspens concerne ce qu'il adviendra du corps, une fois que ces examens seront achevés.

Pour le moment, aucun cimetière musulman n'a reçu de demande pour recevoir les restes de M. Zehaf-Bibeau.

L'Association musulmane d'Ottawa n'a pas non plus reçu de requête pour effectuer un service funèbre à la mémoire de l'homme.

Dans l'éventualité que cela se produise, des discussions à ce sujet ont déjà eu lieu au sein du conseil d'administration de l'organisme. Plusieurs de ses membres préféreraient lui refuser cet honneur, dans la mesure où ils ne veulent pas être associés à Michael Zehaf-Bibeau.

« En tant que criminel, nous laisserons à dieu le soin de le juger dans l'au-delà. »

— Samy Metwally, imam de la mosquée d'Ottawa

L'imam de la mosquée d'Ottawa, Samy Metwally, a cependant décidé qu'il ne lui refuserait pas un enterrement.

« Bien que nous dénoncions le crime qu'il a commis, à savoir une attaque terroriste contre un soldat qui servait son pays, nous pensons que s'il croyait en Dieu et qu'il était musulman, il devrait être enterré. Nous lui offrirons donc des funérailles », explique M. Metwally.

Ce dernier précise néanmoins qu'il ne mènera pas personnellement les prières pour Michael Zehaf-Bibeau. Selon lui, il s'agit d'un moyen de décourager quiconque de suivre son exemple et aussi de montrer la réprobation de la congrégation à son égard.

Des craintes de vandalisme

La mère de Michael Zehaf-Bibeau n'est pas de confession musulmane. Quant à son père, qui est d'origine libyenne, il serait présentement en dehors du Canada et il n'aurait pas de proche parent.

Il n'est donc pas évident de savoir qui pourrait faire la demander d'un enterrement. Des incertitudes demeurent aussi quant au lieu où son corps pourrait être inhumé.

Le responsable d'un cimetière de musulman de la région de la capitale nationale craint qu'accepter le corps puisse entraîner des actes de vandalisme, voire de profanation de la sépulture.

Le responsable d'un autre cimetière, qui dispose d'une section pour les musulmans, affirme pour sa part qu'il ne refuserait pas le corps. Il insisterait cependant pour que la cérémonie soit le plus discrète possible.

Il dit aussi qu'il demanderait que la tombe ne porte aucune inscription, dans le but d'éviter que des personnes qui partagent les vues de M. Michael Zehaf-Bibeau n'utilisent le site comme un lieu de pèlerinage.

D'après un reportage d'Evan Dyer

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