NOUVELLES

Vladimir Poutine arrive au sommet du G20 escorté par des navires de guerre

14/11/2014 07:48 EST | Actualisé 14/01/2015 05:12 EST
Pierre Suu via Getty Images
UNSPECIFIED, FRANCE - JUNE 06: Vladimir Poutine attends the nternational ceremony on June 6, 2014 in Ouistreham, France. (Photo by Pierre Suu/Getty Images)

BRISBANE, Australie - Le président russe Vladimir Poutine a fait une entrée fracassante au sommet du G20 de Brisbane, en Australie, quand il a déployé des navires de guerre au large des côtes nord-est du pays.

Le premier ministre australien a réagi avec colère en l'accusant de chercher à ressusciter la «gloire perdue» de l'Union soviétique.

Ces tensions diplomatiques, qui bouillonnent depuis qu'avion de la Malaysia Airlines a été abattu en juillet au-dessus d'un secteur de l'Ukraine contrôlé par des insurgés pro-russes, risquent de porter ombrage à une rencontre que Tony Abbott souhaitait consacrer à la croissance économique.

M. Abbott avait précédemment annoncé son intention d'interpeller physiquement M. Poutine concernant la destruction du vol 17 et la mort de 298 personnes, dont 38 Australiens.

Quatre navire de guerre russes sont entrés dans les eaux internationales au large des côtes nord-est de l'Australie au cours des derniers jours, de manière à coïncider avec la présence de M. Poutine à ce sommet qui réunit les leaders des 20 plus grandes puissances économiques de la planète.

L'Australie a déployé trois navires militaires pour garder un oeil sur les vaisseaux russes.

L'ambassade russe a expliqué vendredi que la flotte russe dans le Pacifique cherche à mesurer sa portée et qu'elle pourrait être appelée à protéger M. Poutine.

M. Abott n'a pas semblé impressionné.

«La Russie est plus assertive aujourd'hui qu'elle ne l'a été depuis longtemps, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse en compagnie de son homologue britannique, David Cameron. Il est intéressant de noter que l'économie de la Russie décline au moment où elle choisit de sortir les muscles.»

M. Cameron a renchéri en déclarant que l'Occident pourrait imposer de nouvelles sanctions à la Russie si elle continue à attiser la rébellion dans l'est de l'Ukraine.

M. Abott avait rencontré M. Poutine plus tôt cette semaine, en marge d'un sommet de la Coopération économique de la zone Asie-Pacifique (APEC), à Pékin.

«J'ai essayé de faire comprendre au président Poutine que la Russie serait beaucoup plus attrayante si elle aspirait à être une superpuissance de paix et de liberté et de prospérité (...) au lieu de chercher à recréer les gloires perdues du tsarisme ou de l'ancienne Union soviétique», a-t-il révélé.

M. Abbott, un ancien boxeur amateur de 56 ans, ne se gêne pas pour réclamer haut et fort davantage de collaboration de la part de la Russie à l'enquête néerlandaise sur la destruction du vol 17. Il avait promis, le mois dernier, de confronter M. Poutine à ce sujet, mais en utilisant un terme tiré du football australien et qui décrit une collision violente entre deux joueurs.

La chancellière allemande Angela Merkel a tenté de calmer le jeu en minimisant l'importance de la présence des navires russes. Elle a dit s'inquiéter bien davantage des multiples atteintes à l'intégrité territoriale de l'Ukraine.

M. Abbott souhaite que l'agenda de cette rencontre du G20 demeure concentré sur l'ajout de 2000 milliard $ US au PIB mondial sur cinq ans. Les participants devraient se prononcer à ce sujet en fin de semaine.

Le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, a salué cet objectif du G20, dont le manque de gestes concrets est souvent dénoncé.

«Nous verrons les résultats, mais nous sommes déjà encouragés, a-t-il dit. Si les pays vont de l'avant avec les réformes structurelles envers lesquelles ils se sont engagés, on pourrait assister à une relance de la croissance économique.»

INOLTRE SU HUFFPOST

Vladimir Poutine