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Vaccin contre l'Ebola: les scientifiques à Winnipeg exclus des premiers essais

14/11/2014 12:17 EST | Actualisé 14/01/2015 05:12 EST

TORONTO - Le gouvernement fédéral mènera des essais cliniques sur le vaccin canadien contre l'Ebola à Halifax, alors que le traitement avait été développé à Winnipeg, a fait savoir vendredi l'Agence de la santé publique du Canada.

Des scientifiques du Laboratoire national de microbiologie espéraient que les tests seraient effectués à Winnipeg pour qu'ils puissent se porter volontaires.

Plusieurs d'entre eux voulaient se faire vacciner avec l'anticorps qu'ils avaient eux-mêmes développé afin d'être protégés dans le cadre de leur travail.

Une source qui a participé aux discussions sur le lieu des essais cliniques a indiqué que les scientifiques n'étaient pas satisfaits de la décision du gouvernement.

Au dire de l'agence fédérale, cependant, ces chercheurs ne pourront participer aux essais cliniques, puisqu'ils sont investis de manière émotive dans la mise au point du vaccin.

«La phase 1 des essais cliniques nécessite, à des fins de crédibilité scientifique, que les participants n'aient pas d'intérêt direct, d'une façon ou d'une autre, en ce qui concerne le résultat des tests», a indiqué l'agence dans un courriel transmis par Stephane Shank, le responsable des relations avec la presse.

«Malgré tout, des plans sont en place pour permettre aux employés de Winnipeg de participer aux futurs essais, pour lesquels ils devraient pouvoir être sélectionnés. Une fois que ces plans auront été confirmés, nous les annoncerons.»

Le contrat pour accomplir les essais a été octroyé à un consortium de recherche mis sur pied pour tester des vaccins dans le cadre d'une réaction rapide de la santé publique, appelé Canadian Immunization Research Network. Celui-ci a d'abord été mis sur pied, sous un autre nom, pour réaliser des essais cliniques d'un vaccin contre la grippe H1N1 lors de la pandémie de 2009. Ledit réseau est financé par l'agence de santé publique et les Instituts de recherche en santé du Canada, qui ont offert 300 000 $ pour ce test.

Le processus débutera avec le recrutement de 40 volontaires âgés de 18 à 65 ans, la semaine prochaine. Trois groupes de 10 recevront une dose plus ou moins concentrée du vaccin, tandis que le quatrième recevra une solution saline.

L'objectif consiste à déterminer si une faible dose du vaccin déclenchera une réaction protectrice. Cela permettrait ensuite d'immuniser un plus grand nombre de gens dans les pays touchés par l'épidémie.

Plusieurs autres essais cliniques du vaccin, dont le brevet appartient à la compagnie américaine NewLink Genetics, sont en cours.

Le Canada a fait don de 800 à 1000 fioles du vaccin à l'Organisation mondiale de la santé, mais il est impossible de savoir combien de gens pourront être immunisés jusqu'à ce que des essais cliniques révèlent la concentration nécessaire pour être efficace.

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