POLITIQUE

Louise Beaudoin: la course au leadership dérape et le PQ pourrait disparaître

14/11/2014 05:16 EST | Actualisé 14/11/2014 05:16 EST
PC

La course au leadership du Parti québécois (PQ) est en train de déraper, menaçant la survie même de la formation souverainiste, selon l'ex-ministre péquiste Louise Beaudoin.

L'ancienne députée de Rosemont, qui se défend bien de vouloir «jouer à la belle-mère», a été piquée au vif par la dernière sortie du candidat au leadership Jean-François Lisée, qui s'en est pris jeudi à son rival Bernard Drainville en soutenant que ce dernier avait "empoisonné" le débat sur la laïcité de l'État. Selon M. Lisée, le PQ s'est disqualifié en prônant l'interdiction des signes religieux pour les employés de l'État.

Or, rappelle Mme Beaudoin, qui a élaboré la position du PQ sur la laïcité en 2010 quand le parti était dans l'opposition, les membres ont adopté le projet de charte en 2011 en congrès et, selon les sondages, la charte était bien accueillie par la population lors de la dernière campagne électorale.

Jean-François Lisée n'a donc pas à «démoniser» ce projet et à s'en prendre à son rival, Bernard Drainville, l'ex-ministre responsable de la charte, a fait valoir Mme Beaudoin, en entrevue téléphonique à La Presse Canadienne, vendredi.

En agissant de la sorte, M. Lisée fait beaucoup de mal, au parti, aux militants et surtout à lui-même, selon elle.

«Je me demande s'il se rend compte du mal qu'il fait. Il fait mal à tout le monde et à lui-même», a commenté celle qui avait jugé il y a quelques semaines que M. Lisée était «cuit» au Parti québécois, parce qu'il avait sommé Pierre Karl Péladeau de choisir entre son empire de presse et ses ambitions politiques.

«Il déclare la guerre dans un premier temps à Pierre Karl Péladeau, puis maintenant à Bernard Drainville», déplore l'ancienne ministre, qui soutient être neutre dans la course et n'est plus membre du PQ.

Elle se demande même si Jean-François Lisée ne s'est pas déjà complètement discrédité pour aspirer à succéder à Pauline Marois.

«Il en met trop! Il en met trop!», lance-t-elle, excédée par l'attitude son ancien collègue, et persuadée que les militants péquistes détestent les coups de couteaux entre rivaux.

«Ce n'est pas avec ce type de sortie-là que les militants vont l'appuyer», croit-elle, invitant l'ancien ministre des Relations internationales "à faire son examen de conscience".

Les attaques proférées par le député de Rosemont et son choix de renier la charte de la laïcité, un projet majeur du gouvernement péquiste, se conjuguent pour faire craindre le pire à Mme Beaudoin: l'écoeurement des militants et de la population, qui risquent de tourner le dos au parti fondé en 1968 par René Lévesque.

Si la course au leadership continue de déraper, c'est l'existence même du PQ qui est en jeu, fait-elle valoir.

De deux choses, l'une: ou bien cette course au leadership, qui prendra fin en mai, sera celle du renouveau du parti souverainiste, ou bien le parti "va s'étioler, lentement, mais sûrement". Le PQ vit donc, peut-être, sa dernière chance.

Elle est d'avis que M. Lisée se sert de la charte de la laïcité pour chercher à marquer des points auprès des militants, tenant pour acquis que ce projet serait la cause de la cuisante défaite d'avril dernier, une équation fausse à la base, selon Mme Beaudoin.

Il fait à ses yeux «un lien entre la défaite et la charte», qui ne tient pas la route.

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