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Les extrémistes de Boko Haram prennent le contrôle de la ville de Chibok

14/11/2014 03:27 EST | Actualisé 14/01/2015 05:12 EST

MAIDUGURI, Nigeria - Des extrémistes islamistes du groupe Boko Haram ont pris le contrôle de la ville de Chibok, vendredi, au Nigeria, où ils avaient kidnappé en avril dernier près de 300 jeunes écolières.

Les insurgés ont pénétré dans la ville en tirant avec leurs fusils de leurs camionnettes et leurs motos, ce qui a forcé des milliers de personnes à se déplacer, a indiqué Bana Lawan, le président du gouvernement de Chibok.

Des parents ont tenté de joindre leurs fillettes disparues par téléphone cellulaire, mais en vain. Boko Haram a l'habitude de détruire les tours cellulaires et de perturber les communications des zones attaquées.

«Personne ne peut vous dire ce qui se passe aujourd'hui parce que tout le monde tente de s'enfuir», a-t-il expliqué.

Le département d'État des États-Unis a indiqué que Washington suivait la situation attentivement.

«Nous condamnons ces attaques à Chibok, une communauté qui a déjà trop souffert (...) Nous continuerons d'aider le gouvernement du Nigeria face aux menaces des groupes terroristes», a souligné la porte-parole Jen Psaki.

Des dizaines d'étudiantes avaient réussi à s'échapper de leurs bourreaux dans les premiers jours de leur capture, mais 219 d'entre elles seraient toujours portées disparues. Elles n'étaient pas dans la ville lors de l'attaque, a précisé Hussain Monguno, une autorité locale. Ces jeunes filles ont bénéficié d'une bourse pour étudier dans d'autres écoles du nord du pays.

Le chef militaire nigérien avait pourtant annoncé le 17 octobre dernier la signature d'un cessez-le-feu entre le gouvernement et Boko Haram.

Le gouvernement avait assuré que l'entente allait mener à une libération rapide des fillettes. Toutefois, le numéro un de Boko Haram Abubakar Shekau avait affirmé dans une vidéo publiée le mois dernier que la situation de ces filles était de la «vieille histoire». Il avait ajouté qu'elles s'étaient converties à l'islam et qu'elles avaient été mariées à des combattants du groupe.

Depuis la conclusion du cessez-le-feu, Boko Haram a pris le contrôle de plusieurs villes, où ils ont décrété un califat islamique, qui prévoit l'application à la lettre de la charia.

La ville de Chibok est constituée en majorité de familles chrétiennes, dont certaines traduisent la Bible en dialectes locaux.

Par ailleurs, une bombe a explosé vendredi soir, à Kano, la deuxième ville du pays en importance pour la population, tuant un nombre indéterminé de personnes. Selon un résidant, plusieurs bâtiments ont tremblé lorsque l'explosion a retenti.

Les services de secours étaient sur place pour coordonner les opérations.

Aucune organisation n'a encore revendiqué l'attentat, mais Boko Haram avait déjà mené plusieurs attaques dans cette ville par le passé.

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