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La sonde Philae a commencé à forer la comète, mais manque d'énergie

14/11/2014 04:27 EST | Actualisé 13/01/2015 05:12 EST

BERLIN - L'atterrisseur Philae a effectué deux manoeuvres risquées, vendredi, en forant dans la surface de la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko, en plus d'effectuer une rotation pour tenter de recevoir plus de lumière solaire.

Les deux opérations comptaient leur lot de dangers, puisqu'elles auraient pu renverser le robot ou l'envoyer flotter dans le néant. Sans elles, toutefois, l'atterrisseur, qui a effectué une première dans l'histoire en se posant sur la comète, mercredi, courrait le risque de rater une importante expérience scientifique et de se retrouver à court d'énergie.

Des scientifiques de l'Agence spatiale européenne ont fait savoir que les manoeuvres en question semblaient avoir fonctionné.

«Ma rotation a été réussie (35 degrés). On dirait une toute nouvelle comète vu de cet angle», indique un message publié par le compte Twitter officiel de Philae.

Depuis son atterrissage sur la comète, l'atterrisseur a effectué une série de tests et envoyé de vastes volumes de données, y compris des photos, vers la Terre. Mais avec seulement deux ou trois journées d'autonomie dans sa pile principale, le robot doit se fier à des panneaux solaires pour générer de l'électricité par la suite.

Les astronomes s'inquiétaient, jeudi, de découvrir que non seulement Philae avait rebondi à deux reprises avant de venir se poser à la surface de la comète, mais que les photos indiquaient que le robot se trouvait près d'une falaise bloquant la majorité de la lumière, nuisant ainsi à la recharge de la pile.

«La pile sera peut-être vide avant que nous n'entrions de nouveau en contact», a fait savoir vendredi Stephan Ulamec, chef des opérations de Philae.

Alors que le temps file, les scientifiques ont décidé de risquer de déplacer le robot et effectuer l'une des expériences les plus importantes de sa mission.

Le matériau se trouvant sous la surface de la comète est demeuré pratiquement inchangé depuis 4,5 milliards d'années, ce qui transforme les échantillons minéraux en autant de capsules temporelles que les chercheurs sont avides d'étudier.

Selon les contrôleurs de mission, Philae devait forer 25 centimètres dans la comète pour commencer à recueillir des échantillons, mais il n'était pas clair s'il disposait de l'énergie nécessaire pour analyser ceux-ci.

Impossible, aussi, de savoir si la rotation aura permis de dégager suffisamment les panneaux solaires. Les scientifiques devraient en savoir davantage samedi matin.

Pendant ce temps, la sonde Rosetta, le vaisseau-mère de Philae qui orbite autour de la comète, utilisera ses 11 instruments pour analyser la comète au cours des prochains mois.

Les chercheurs espèrent que le projet de 1,6 milliard $ US lancé il y a 10 ans permettra d'aider à répondre à des questions sur l'origine de l'univers et de la vie sur Terre.

Les communications avec l'atterrisseur prennent du temps, les signaux filant dans l'espace pendant 28 minutes pour franchir la distance entre la Terre et Rosetta. Peu importe la durée de la conversation entre Philae et notre planète, les chercheurs soutiennent qu'ils ont déjà recueilli de très grandes quantités d'informations et qualifient l'expédition de succès retentissant.

«Cessons de penser à ce que nous aurions pu faire si tout avait bien fonctionné, lance le directeur de vol Andrea Accomazzo. Penchons-nous plutôt sur ce que nous avons fait, ce que nous avons accompli, et ce que nous avons sur place. C'est unique, et ce le sera toujours.»

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