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Première photographie de la sonde Philae de la surface d'une comète

13/11/2014 06:32 EST | Actualisé 13/01/2015 05:12 EST

BERLIN - L'atterrisseur Philae semble s'être posé à l'ombre d'une falaise de la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko, ce qui pourrait empêcher ses panneaux solaires de recharger sa batterie, a indiqué jeudi l'Agence spatiale européenne (ESA).

Les responsables de la mission pourraient tenter de réorienter les panneaux pour régler le problème. Ils profiteront tout d'abord de la durée de vie de la batterie principale pour récolter autant d'informations que possible.

Les panneaux solaires devaient fournir une heure de vie de plus chaque jour, mais cela pourrait maintenant ne pas être possible.

«Nous constatons que nous avons moins d'énergie solaire que ce qui avait été prévu, a admis Koen Geurts, un membre de l'équipe de l'atterrisseur, Malheureusement, ça aura un impact sur notre budget énergétique et notre capacité à réaliser des expériences scientifiques à long terme. Ce n'est pas quelque chose que nous souhaitions.»

L'ESA a aussi révélé que Philae ne repose apparemment que sur deux de ses trois pattes.

Le chercheur Jean-Pierre Bibring a toutefois précisé qu'à part ces pépins, tous les instruments scientifiques de Philae semblent fonctionner normalement.

Le robot Philae, la sonde Rosetta et la comète filent à 66 000 kilomètres/heure, à plus de 500 millions de kilomètres de la Terre.

L'ESA avait dévoilé, quelques heures plus tôt, la toute première photo jamais captée à la surface d'une comète.

Le cliché, d'une grande netteté, montre une importante forme d'apparence rocheuse ainsi qu'une des pattes du robot. La comète n'est pas du tout sphérique et sa surface est très accidentée, selon ce que montre clairement la photo.

«Nous sommes tout juste à l'ombre d'une falaise, a dit M. Bibring, avant de révéler que des photos indiquent que la falaise se trouve à quelques mètre seulement du robot. Nous sommes à l'ombre en permanence, et ça fait partie du problème. (Malgré tout), plusieurs des autres instruments ont déjà fait ce qu'ils devaient faire. Nous faisons beaucoup de science.»

Il a révélé que les chercheurs recevront sous peu une première tomographie de la comète et des données qui démontreront si sa composition est magnétique.

L'atterrissage de Philae a été mouvementé. Il a rebondi plusieurs fois sur la comète avant de s'immobiliser, quand les harpons qui devaient l'ancrer à la surface ont apparemment fait défaut. L'ESA croit néanmoins que le robot est stable. La force gravitationnelle de la comète est si faible que l'atterrisseur de 100 kilogrammes n'y pèse plus qu'environ un gramme.

Cela signifie que Philae ne sera pas en mesure, pour l'instant, de forer le sol de la comète pour permettre aux scientifiques d'examiner de la matière cosmique qui n'a pas changé depuis 4,5 milliards d'années.

«Forer sans être ancrés ou sans savoir comment on est positionnés sur la surface est dangereux, a dit le directeur de la mission de l'atterrisseur, Stephan Ulamec. On pourrait tout simplement renverser l'atterrisseur.»

Les contrôleurs attendront probablement d'avoir reçu une première transmission de données avant de tenter d'ajuster les panneaux solaires pour recharger la batterie de Philae.

Gerhard Schwehm, un scientifique de l'ESA affecté au programme Rosetta, a indiqué jeudi qu'il demeurait possible qu'une commande à distance soit faite pour que les harpons soient déployés, mais seulement si cela ne pose pas de danger pour le robot.

«Philae est stable, il est assis (sur la comète) et il nous envoie des données, a dit M. Schwehm. L'atterrisseur est en très bonne santé.»

Les communications avec Philae sont très lentes, puisqu'un signal prend 28 minutes à voyager entre la Terre et la sonde.

Rosetta et Philae accompagneront maintenant la comète alors qu'elle file en direction du Soleil, un périple qui la réchauffera et la rendra plus active. Les deux sondes utiliseront 21 instruments différents pour récolter des données qui seront ensuite transmises vers la Terre.

Les instruments de Philae comprennent des appareils pour mesurer la lumière, la chaleur et le magnétisme électrique.

Les scientifiques espèrent que la mission de 1,6 milliard $ US permettra de répondre à plusieurs questions concernant les comètes, d'autres corps célestes et possiblement l'origine de la vie sur Terre.

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