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L'UQÀM enquête sur des allégations de harcèlement sexuel

13/11/2014 02:44 EST | Actualisé 13/11/2014 02:44 EST
Tim Draper via Getty Images

L'Université du Québec à Montréal (UQAM) enquête sur une situation ambiguë suscitée par la pose d'autocollants sur les portes de bureaux de trois de ses professeurs.

Les autocollants laissent croire que les professeurs en question auraient commis des gestes de harcèlement sexuel. Ces allégations ont pris d'autant plus d'ampleur qu'elles ont été relayées sur les réseaux sociaux, photos à l'appui. Un collectif féministe qui a apposé les photos sur sa page Facebook a tenu à clarifier que ce n'était pas ses membres qui avaient posé les autocollants sur les portes de bureaux des professeurs.

Certains des professeurs visés par ces allégations ont eux-mêmes porté plainte au Bureau d'intervention et de prévention en matière de harcèlement de l'UQAM. Jenny Desrochers, du bureau des communications de l'UQAM, refuse de révéler la nature des plaintes « parce qu'il s'agit d'information sensible et confidentielle, mais ils [les professeurs] ont porté plainte et l'enquête est là-dessus », dit-elle.

De la diffamation?

Aucune plainte formelle n'a été portée contre les trois professeurs et, devant cette situation qui éclabousse l'établissement entier, la direction de l'UQAM a choisi d'ouvrir une enquête à l'interne.

« On est traînés partout comme ça dans les réseaux sociaux sans qu'on sache dans le fond de quoi il est question, de qui ça vient et qu'est-ce qui est visé et ainsi de suite. Jusqu'à preuve du contraire, je prends pour acquis que c'est de la diffamation. »

— Marc Turgeon, vice-recteur à la vie universitaire à l'UQAM

L'affaire a eu des échos jusqu'à l'Assemblée nationale, à Québec.

« Les gens doivent suivre les voies officielles pour justement éviter que des réputations soient détruites. Par contre s'il y a une juste cause, on doit suivre les voies officielles puis on va s'assurer que ces voies-là fassent le travail nécessaire. »

— Le ministre de l'Éducation du Québec, Yves Bolduc

Des « débordements occasionnels »

Une centaine de plaintes sont portées chaque année à l'intention de ce Bureau d'intervention et de prévention en matière de harcèlement de l'UQAM. Une bonne proportion de ces quelque 100 plaintes sont liées à du harcèlement psychologique.

À l'UQAM, tant Marc Turgeon que Jenny Desrochers reconnaissent qu'il y a eu recrudescence des plaintes récemment et que la seule et unique employée du Bureau d'intervention et de prévention en matière de harcèlement est débordée. Mais, il n'y a pas de crise pour autant dans l'établissement, soutient M. Turgeon.

« Ces autocollants créent un sentiment de crise, mais il n'y a pas plus ou moins de crises par rapport à ça », explique le vice-recteur à la vie universitaire.

Marc Turgeon affirme qu'épisodiquement, des choses de ce type-là se produisent : « Il y a quelques années, l'entrée du bureau d'un prof avait été vandalisée parce qu'on l'accusait d'avoir des positions sionistes. Ces débordements-là, occasionnels, arrivent dans la vie d'une université ».

Jenny Desrochers souligne pour sa part que, dans la foulée de l'affaire Jian Ghomeshi, cet ex-animateur de radio de CBC, la population de l'UQAM comme celle d'autres institutions a été sensibilisée à l'importance de parler de situations potentielles de harcèlement sexuel.

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>> Allégations de harcèlement sexuel : malaise à l'UQAM

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