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Ebola: MSF accueillera trois essais cliniques en Afrique de l'Ouest

13/11/2014 08:23 EST | Actualisé 13/01/2015 05:12 EST

GENÈVE - Des essais cliniques accélérés seront bientôt lancés en Afrique de l'Ouest pour tenter d'identifier le plus rapidement possible un traitement contre le virus Ebola, a annoncé jeudi l'organisation humanitaire Médecins sans frontières.

Le groupe a précisé qu'il accueillera, dès le mois prochain, des essais cliniques dans trois centres de traitement de l'Ebola, afin de mettre à l'essai trois médicaments qui n'ont pas été soumis au long processus habituel de tests chez des animaux et des humains en santé.

Les études distinctes seront menées par trois différents partenaires de recherche, en collaboration avec l'Organisation mondiale de la Santé et les autorités sanitaires des pays affectés.

L'Institut national (français) de la santé et de la recherche médicale mènera une étude clinique sur l'antiviral favipiravir à Guéckédou, en Guinée.

L'Institut de médecine tropicale d'Anvers effectuera une étude sur le traitement par plasma ou sang total convalescents (le sang de gens ayant survécu au virus) dans le centre Ebola de Donka, à Conakry, en Guinée.

L'université d'Oxford conduira quant à elle une étude clinique sur l'antiviral brincidifovir dans un site qui reste encore à déterminer.

«Si nous devons trouver un traitement, il faut le trouver maintenant — et c'est pourquoi nous devons accélérer ces essais cliniques», a dit Peter Hornby, le responsable des essais pour Oxford.

Les premiers résultats sont attendus en février ou en mars.

«Ces médicaments ont déjà été autorisés pour d'autres utilisations, et il s'agira donc d'un emploi non conforme, a dit la docteure Annick Antierens, qui coordonne les partenariats pour MSF. Ils n'ont pas été approuvés et ils n'ont pas été testés pour traiter l'Ebola chez l'humain. Un autre produit thérapeutique a aussi été choisi. soit le plasma ou sang total convalescents.»

Au Libéria, la présidente a annoncé jeudi la levée de l'état d'urgence, tout en prévenant que cela ne signifie pas que l'épidémie est terminée.

Ellen Johnson Sirleaf a déclaré, lors d'un discours à la nation, que suffisamment de progrès ont été réalisés pour lui permettre de lever l'état d'urgence. On recense moins d'infections dans la capitale, Monrovia, mais la situation demeure préoccupante ailleurs au pays.

Les mesures d'urgence avaient fermé des écoles et des marchés, interdit les grands rassemblements publics et permis au gouvernement de limiter les déplacements de la population. Les écoles demeurent fermées, mais devraient rouvrir sous peu.

Au Mali, les autorités tentent de retracer tous ceux qui peuvent avoir été en contact avec le virus, après une nouvelle éclosion dans la capitale, Bamako. Les responsables ont confirmé qu'une infirmière a succombé au virus; un patient qu'elle avait soigné et un ami de celui-ci ont aussi apparemment été tués par l'Ebola, a dit l'Organisation mondiale de la Santé.

Un porte-parole d'un hôpital de Bamako a également confirmé la mort d'une quatrième personne, une fillette chez qui le virus avait été identifié. On ne lui connaît pas de contacts avec les autres victimes.

Des équipes sont en route pour la ville natale du patient décédé pour tenter d'identifier de nouvelles victimes. Un centre d'observation pourrait être ouvert sur place.

La pire épidémie d'Ebola de l'histoire défèrle sur l'Afrique de l'Ouest depuis près d'un an et a maintenant fait plus de 5000 morts. Le taux de mortalité atteint 80 pour cent en certains endroits.

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