POLITIQUE

Barrette prêt à amender sa réforme de la santé

13/11/2014 07:20 EST | Actualisé 13/11/2014 07:20 EST
RCQC

Le ministre québécois de la Santé, Gaétan Barrette, est prêt à limiter à un seul mandat les pouvoirs élargis qu'il veut s'octroyer pour mener à bien sa réforme du système de santé.

C'est ce qu'il a affirmé au terme des travaux de la commission parlementaire sur le projet de loi 10, qui vise à réformer le réseau de la santé. Le projet de loi prévoit notamment l'abolition des agences régionales et le regroupement des établissements de santé au sein de centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS).

Le ministre va de l'avant et veut faire adopter sa réforme d'ici Noël, mais il se montre disposé à apporter quelques amendements à son projet de loi, notamment en ce qui a trait à la nature transitoire des pouvoirs qu'il veut se conférer. Ces pouvoirs élargis ont été vivement dénoncés par les syndicats, mais aussi par l'opposition officielle à Québec.

« Ces pouvoirs tels qu'ils sont conçus aujourd'hui, je ne les donnerais pas à mon prédécesseur ou à quiconque du Parti québécois, d'ailleurs. »

— Gaétan Barrette

Le fait que les pouvoirs du ministre soient potentiellement circonscrits dans le temps ne rassure en rien les syndicats, qui s'inquiètent de l'utilisation que Gaétan Barrette pourrait en faire dans un contexte d'austérité budgétaire.

« On va contester, on va prendre la rue, parce qu'il faut bien voir aussi que ce projet de loi, c'est la pointe de l'iceberg, c'est l'outil pour mettre en oeuvre les compressions budgétaires dans le réseau de la santé et des services sociaux. »

— Jean Lacharité, président de la CSN

Le ministre Barrette a aussi indiqué qu'il pourrait modifier quelque peu la délimitation des territoires fusionnés.

Durant les travaux de la commission parlementaire, 59 groupes ont été entendus et 88 mémoires ont été déposés.

Barrette convaincu d'avoir l'appui de la population

Selon le ministre de la Santé, l'opposition qui s'est exprimée durant la commission parlementaire est essentiellement « organisationnelle », « syndicale » et « communautaire ».

M. Barrette affirme qu'il répond aux demandes des Québécois. « La population ne s'attend pas à ce qu'on marche sur les eaux, mais elle ne tolérera pas que rien ne soit tenté. La population constate qu'il y a de la bureaucratie, elle constate que le chemin est difficile, la population est d'accord que les soins sont de bonne qualité, mais la population constate que ça ne fonctionne pas », dit-il.

La population avant les structures, disent les syndicats

Les syndicats appellent à la mobilisation pour bloquer cette nouvelle réforme des structures qui, selon eux, n'aidera en rien à améliorer l'accessibilité aux soins de santé.

La FTQ et trois autres syndicats du réseau de la santé, la CSN, la CSQ et l'Alliance du personnel profession et technique de la santé et des services sociaux, ont tenu un point de presse, jeudi, pour dénoncer de nouveau le projet de loi 10. Ils s'inquiètent de l'impact des fusions sur les soins à la population.

Selon eux, l'ensemble des acteurs du réseau croit que la réforme de M. Barrette ne tient pas la route.

« On n'est pas sortis des fusions de 2003 encore. On a autre chose à faire dans le réseau de santé que de mobiliser nos énergies, nos argents à restructurer le réseau. On peut-tu mobiliser nos argents, nos énergies à soigner et à rendre service à la population? », a demandé le président de la FTQ, Daniel Boyer.

« On va aspirer les budgets là où ça saigne, et on risque de dénaturer les missions sociales et de faire en sorte que des jeunes en difficulté, des déficients intellectuels, etc. ne reçoivent pas les services auxquels ils ont droit, parce qu'il n'y a pas suffisamment de budget », estime pour sa part le président de la CSN, Jean Lacharité.

Le Parti québécois est aussi d'avis que la restructuration du réseau souhaitée par M. Barrette contribuera à fragiliser le réseau.

« Ce qu'on a entendu vraiment, ce sont des préoccupations, de l'inquiétude, une démobilisation complète de tous ceux qui constituent ce réseau-là. Le ministre ne pourra pas porter à lui seul sur ses épaules tout ce qui est nécessaire pour que le système donne aux gens les soins et les services sociaux dont ils ont besoin », dit la péquiste Diane Lamarre, porte-parole de l'opposition officielle en matière de santé et d'accessibilité aux soins.

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