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L'Ebola a fait plus de 5000 morts, dit l'Organisation mondiale de la Santé

12/11/2014 08:40 EST | Actualisé 12/01/2015 05:12 EST

BAMAKO, Mali - L'épidémie de virus Ebola a maintenant fait plus de 5000 morts, a annoncé mercredi l'Organisation mondiale de la Santé.

L'agence onusienne a précisé que le virus a infecté 14 098 personnes — essentiellement en Guinée, en Sierra Leone et au Libéria — , en plus de faire 5160 morts.

L'OMS a ajouté que le rythme des infections semble ralentir en Guinée et au Libéria, mais qu'il s'accélère en Sierra Leone. Il demeure aussi élevé dans certaines régions de la Guinée et du Libéria.

L'agence a prévenu que même ces chiffres sans précédent sous-estiment probablement la réalité, puisque plusieurs infections ne sont jamais détectées par les autorités.

Pendant ce temps, les dirigeants du Mali ont annoncé mercredi que le virus a fait trois nouvelles victimes sur leur territoire.

Il s'agirait d'infections distinctes du seul autre cas connu au pays, ce qui représente un développement inquiétant au moment où le Mali tente de freiner la propagation d'une épidémie qui a fait des ravages ailleurs en Afrique de l'Ouest.

La veille, les autorités maliennes avaient fièrement annoncé qu'aucun autre cas n'avait été détecté depuis qu'une fillette de deux ans, arrivée malade depuis la Guinée, avait succombé à la maladie à la fin du mois d'octobre.

Deux des nouveaux décès signalés à Bamako, une ville de deux millions d'habitants, sont ceux d'un patient qui a succombé au virus et d'une infirmière qui l'avait soigné.

Des dizaines d'employés de l'hôpital ont maintenant été placés sous surveillance. Les autorités tentent aussi de retracer les personnes qui ont préparé le corps d'une victime pour son inhumation, avant qu'on ne sache à quel point la dépouille était contagieuse.

Le patient, un imam guinéen de 70 ans, s'était présenté à la Clinique Pasteur le 25 octobre et était tellement malade qu'il avait été incapable de fournir des informations concernant ses symptômes, a dit le directeur de la clinique, Dramana Maige.

«Sa famille n'a pas fourni toute l'information qui nous aurait permis de croire à un cas d'Ebola», a expliqué M. Maige à l'Associated Press.

La troisième victime serait un ami de l'imam qui l'a visité au Mali. Une femme de l'imam, un fils et un frère sont soignés dans une clinique d'Ebola de Gueckedou, en Guinée. Deux autres membres de sa famille ont succombé à une «maladie inconnue», a dit l'Organisation mondiale de la Santé.

En raison du statut religieux de l'imam, «son corps a été transporté vers une mosquée de Bamako pour un lavage rituel, a ajouté l'agence onusienne. La dépouille a ensuite été retournée à son village natal de Kouremale pour des cérémonies funèbre formelles. Même si ces événements font toujours l'objet d'une enquête, l'OMS suppose que plusieurs personnes ont assisté aux cérémonies».

M. Maiga a dénoncé la lenteur de la réaction des autorités, qui ont attendu à lundi pour informer le ministère de la Santé alors que l'infirmière était hospitalisée depuis samedi. Le patient guinéen est décédé lundi et l'infirmière de 25 ans mardi.

«Pour le moment nous avons 75 personnes sous observation depuis l'apparition des nouveaux cas à Bamako— dont 16 patients — en plus de 45 proches», a dit le secrétaire général du ministère malien de la Santé, Ousmane Doumbia.

Le virus a frappé six pays d'Afrique de l'Ouest. La Sierra Leone, la Guinée et le Libéria ont été les plus durement touchés. Le Sénégal et le Nigéria n'ont recensé que quelques cas chacun, et les autorités espéraient que le Mali ait évité le pire après l'infection de la fillette.

Environ 50 personnes qui ont eu des contacts avec elle sont toujours sous observation à Kayes, à environ 600 kilomètres de Bamako. Leur quarantaine prendra fin le 16 novembre, s'ils ne présentent pas de symptômes.

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