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La Russie enverra ses bombardiers en mission de patrouille autour du monde

12/11/2014 05:50 EST | Actualisé 12/01/2015 05:12 EST

MOSCOU - Alors que les tensions se sont ravivées entre les pays occidentaux et la Russie, Moscou a annoncé mercredi qu'elle enverrait régulièrement ses bombardiers dans des missions de patrouille partout autour du monde.

Les bombardiers à long rayon d'action surveilleront les frontières russes, mais aussi les contours des océans Arctique, Atlantique et Pacifique, a annoncé le ministre de la Défense russe, Sergei Shoigu.

Il n'a pas précisé la fréquence des missions.

M. Shoigu a ajouté que les avions russes allaient mener des «missions de reconnaissance» pour surveiller les troupes étrangères.

L'annonce du gouvernement russe est survenue au même moment où le secrétaire général de l'OTAN a accusé la Russie d'avoir envoyé de nouveau de ses troupes dans l'est de l'Ukraine.

Jens Stoltenberg a indiqué que plusieurs convois militaires s'étaient rendus dans les derniers jours en Ukraine, une «menace sérieuse pour le cessez-le-feu», selon lui.

M. Shoigu a nié les allégations, admettant toutefois que les conflits avec l'Occident sur la situation ukrainienne nécessitaient une augmentation des troupes russes en Crimée, que la Russie a annexée en mars dernier.

Un haut dirigeant de l'armée américaine, qui a parlé sous le couvert de l'anonymat, a constaté que la Russie n'avait jamais auparavant envoyé des bombardiers en mission de patrouille près du golfe du Mexique, pas même lors de la guerre froide.

Cependant, d'autres types d'avions militaires avaient patrouillé la région à l'époque.

Selon ce militaire, la fréquence des visites des avions russes en Amérique du Nord et dans l'Arctique est demeurée plutôt stable avec le temps, avec un total de cinq incidents par année.

Le colonel du Pentagone Steve Warren a refusé de qualifier l'annonce de «provocation russe». Il estime que les Russes ont le droit, comme toute nation, de mener des opérations dans l'espace aérien et les eaux internationales. Ces exercices doivent toutefois être sécuritaires et en tout respect des normes internationales, a-t-il précisé.

Des bombardiers à capacité nucléaire avaient parcouru les océans Atlantique et Pacifique pendant la guerre froide, mais ils avaient été retirés après l'effondrement économique post-soviétique. Depuis l'arrivée du président russe Vladimir Poutine, toutefois, les missions de patrouille des bombardiers ont repris.

Dans les dernières semaines, l'OTAN a d'ailleurs rapporté une augmentation importante des avions russes dans les mers Noire, Baltique et du Nord et dans l'océan Atlantique.

Le ministre de la Défense de la Russie a aussi pour ambition de conclure des ententes avec des ports internationaux, notamment en Amérique latine et en Asie, pour y stationner ses navires de la Marine.

Ian Kearns, directeur du groupe d'étude European Leadership Institute, soutient que ces missions de patrouille ont pour objectif de rendre l'armée russe «plus visible et de gagner de l'assurance dans ses actions». Il ne s'agit pas nécessairement d'une menace, a-t-il souligné.

«Plus il y a d'occasions de rapprochements entre les troupes russes et de l'OTAN, plus il y a de chances que les choses tournent mal, même si ce n'est pas intentionnel», a-t-il analysé.

Parmi les près de 40 rencontres entre les forces de l'OTAN et celles de Russie, trois auraient pu faire des victimes ou même causer des affrontements militaires directs, selon une recherche du groupe d'étude.

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