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La Couronne s'en prend à la thèse de non responsabilité criminelle de Magnotta

12/11/2014 09:02 EST | Actualisé 12/11/2014 09:02 EST
Montage photos

La Couronne s'est appliquée, mercredi, à miner le témoignage de la psychiatre appelée à la barre par l'avocat de Luka Rocco Magnotta pour démontrer qu'il ne pouvait être tenu criminellement responsable du meurtre prémédité de Jun Lin et du démembrement de son cadavre, en mai 2012.

Selon le procureur Louis Bouthillier, la psychiatre Marie-Frédérique Allard a laissé plusieurs questions sans réponse quant au meurtre de Jun Lin.

Elle soutient depuis le début de son témoignage que Magnotta souffre de schizophrénie et qu'il n'était pas responsable de ses actes au moment du meurtre de l'étudiant chinois.

Mardi, elle avait expliqué que Magnotta avait été influencé par des voix, qui lui ordonnaient de tuer Jun Lin, vu par l'accusé comme un agent envoyé par le gouvernement pour l'assassiner.

Elle n'a toutefois pas pu expliquer pourquoi Magnotta avait porté la casquette de Jin Lun s'il le croyait espion, ni pourquoi il avait publié sa vidéo sur un site Internet spécialisé dans les images sanglantes, sans l'envoyer au gouvernement.

Elle a indiqué qu'elle n'avait pas posé ces questions à l'accusé ou il n'avait pas offert d'explication claire sur ces sujets précis.

Mercredi matin, Me Louis Bouthillier a plaidé que les gestes de Magnotta étaient planifiés et délibérés, et que l'accusé n'hésitait pas à mentir, le qualifiant même de "menteur pathologique". Il a rappelé que Magnotta avait menti en 2011 et en 2012, quelques mois avant son crime, pour ne pas être hospitalisé.

"Il a menti à un psychiatre pour ne pas aller à l'hôpital. Il aurait bien pu mentir pour éviter la prison", a-t-il lancé.

La docteure Allard a plaidé que les médicaments que prenait Magnotta peuvent expliquer ses trous de mémoire, et que la schizophrénie ne fait pas nécessairement de vous un menteur.

Me Bouthillier a aussi fait admettre au témoin expert de la défense qu'elle avait omis d'inclure plusieurs éléments d'information dans son rapport de 127 pages sur l'état mental de Magnotta.

Par exemple, il a remarqué que la valise dans laquelle avait été placée le torse de la victime ne s'était pas retrouvée dans les notes de la psychiatre. Me Bouthillier soutient que Magnotta a endommagé et cadenassé la malette pour s'assurer que les passants ne découvrent pas son contenu. Mme Allard a simplement indiqué que l'accusé se rappelait d'avoir acheté la valise, mais pas de l'avoir abîmée.

La psychiatre a aussi reconnu qu'elle n'avait parlé à aucune personne qui aurait fréquenté l'accusé dans les semaines qui ont précédé le meurtre, parce que Magnotta, qui était alors escorte, comptait peu de clients.

Elle a aussi été confrontée à une vidéo de surveillance de Magnotta, quelques heures après son crime, qui jetait calmement le contenu de son appartement dans les déchets. Elle a reconnu qu'il avait l'air calme, tout en spécifiant qu'on ne savait pas ce qui se passait dans sa tête à ce moment-là.

Finalement, la Couronne a relevé des divergences entre la version que Magnotta a donnée à la docteure Allard et celle que l'accusé a livrée à un autre psychiatre, qui doit aussi témoigner plus tard pour la défense.

Le contre-interrogatoire de la psychiatre se poursuit jeudi.

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